icone Vous trouverez ci dessous quelques textes clés permettant d’entrer dans l’expérience de vie qu’a faite Edith Stein à propos du mystère de la Croix.

« Ce fut ma première rencontre avec la Croix, avec cette force qu’elle confère à ceux qui la portent. Pour la première fois, l’Église, née de la Passion du Christ et victorieuse de la mort m’apparût visiblement. Au moment même mon incrédulité céda, le judaïsme pâlit à mes yeux, tandis que la lumière du Christ se levait en mon cœur. La lumière de la Croix saisie dans le mystère de la Croix. C’est la raison pour laquelle, prenant l’habit du Carmel, je voulus ajouter à mon nom celui de la Croix »

[Cité par E. de Miribel dans « Edith Stein », pp. 55-56, Ed. du Seuil, 1954.]

« Je m’adressais intérieurement au Seigneur lui disant que je "savais" que c’était sa Croix à lui qui était imposée à notre peuple. La plupart des juifs ne reconnaissaient pas le Sauveur, mais n’incombait-il pas à ceux qui comprenaient, de porter cette Croix ? C’est ce que je désirais faire. Je lui demandais seulement de me montrer comment. (…) Je reçus la certitude intime que j’étais exaucée. J’ignorais cependant sous quel mode la Croix me serait donnée. »

[Ibid., p.126]

« … Je suis contente de tout, on ne peut acquérir une "scientia crucis" que si l’on commence par souffrir vraiment le poids de la Croix. Dès le premier instant j’en ai eu la conviction intime et j’ai dit du fond du cœur : Ave Crux, Spes Unica … »

[Ibid., p.204]

« C’est au pied de la Croix que j’ai pressenti le destin qui allait frapper mon peuple. Certes je sais mieux aujourd’hui ce que cela signifie d’être épouse du Christ sous le signe de la Croix. Mais on ne pourra jamais le comprendre tout à fait, car cela reste un grand mystère. »

[cité dans la revue ’Carmel’ n°49, p.42]

« Ce ne sont pas les achèvements humains qui peuvent nous venir en aide, mais la Passion du Christ, mon désir est d’y prendre part. »

[cité par E. de Miribel dans « Edith Stein », p.148, Seuil, 1954]

« Tout homme doit souffrir et mourir. Mais s’il est membre vivant du Christ, sa souffrance et sa mort reçoivent alors de la divinité du chef, une puissance de rédemption. C’est la raison objective pour laquelle tous les saints ont appelés la souffrance. Il ne s’agit pas là d’un désir morbide. Ce qui au regard de l’intelligence naturelle, apparaît presque comme une perversion, se révèle pourtant, dans la lumière du mystère de la rédemption, comme la raison la plus haute. Ainsi lié au Christ, le Chrétien demeure inébranlé même dans la nuit obscure où Dieu lui paraît lointain et où il se croit abandonné ; et peut-être la providence divine lui impose-t-elle ce supplice afin qu’un de ses frères, effectivement prisonnier de l’erreur, soit délivré. Disons-nous aussi : Que ta volonté soit faite, même au cœur de la plus sombre nuit. »

« Dans la nuit du péché, c’est l’étoile de Bethléem qui luit, c’est l’ombre de la Croix qui tombe sur la clarté de la crèche. La lumière s’éteint dans l’obscurité du Vendredi Saint, mais remonte plus éclatante, soleil de grâce, au matin de la Résurrection. C’est à travers la souffrance et la Croix, que le Fils de l’homme fut élevé à la gloire de la résurrection. Traverser la souffrance et la mort avec le Fils de l’homme pour atteindre la gloire de la résurrection, c’est le chemin ouvert à chacun de nous, et à l’humanité toute entière ».

[dans « le Mystère de Noël », p.47-48, copyright offert généreusement par les éditions Ad Solem]

« La mort sur la Croix est en effet le moyen de rédemption, qu’a inventé la sagesse insondable de Dieu ».

« L’union nuptiale avec Dieu, pour laquelle l’âme a été crée, est achetée par la Croix, consommée sur la Croix, et scellée pour l’éternité du sceau de la Croix ».

« Elle est l’âme puissante du Christ, avec laquelle Il frappe avec force à la porte du Ciel, tellement qu’Il nous l’ouvre. Alors les flots de lumière divine jaillissent au dehors et enveloppent tous ceux qui montent à la suite du crucifié ».

« La Croix ne constitue pas un but, elle emporte nos âmes vers les hauteurs, et nous les fait voir. Cependant, elle n’est pas seulement un signe, elle est l’arme puissante du Christ. La houlette de berger avec laquelle le divin David sortit à la rencontre du Goliath infernal, celle dont il frappe avec force à la Porte du Ciel, tellement, qu’il nous l’ouvre. Alors, les flots de la lumière divine, jaillissent au dehors, et enveloppent tous ceux qui montent à la suite du crucifié ».

« On peut se livrer au supplice de la croix, mais, on ne peut se crucifier soit même. Il faut, pour cela que la nuit passive achève ce que la nuit active a commencé, il lui faut l’intervention de Dieu. Quoi qu’elle fasse, l’âme ne saurait se purifier elle même activement par ses propres efforts, en sorte qu’elle soit le moins du monde disposée pour la divine union de parfait amour, si Dieu n’y mettait la main, et ne la purifie dans la Nuit Obscure ».

« Aucun cœur humain n’a jamais pénétré dans une Nuit aussi obscure que le verbe incarné à Gethsémani et au Golgotha. Aucun esprit humain ne pourra, même s’il cherche beaucoup, pénétrer dans le secret de l’abandon divin du Christ, mais Jésus peut donner à des âmes choisies de goûter quelque chose de cette amertume. Ce sont ses plus fidèles amis desquels il exige, la suprême preuve d’Amour. La Croix et la Nuit sont le Chemin qui conduit à la Lumière du Ciel. Tel est le joyeux message de la Croix. »

« Celui qui voudra prendre part à sa vie, doit, comme lui, cheminer vers la mort en Croix Crucifier comme lui sa propre nature avec une vie de mortification et de renoncement à soi-même, s’offrir dans la Passion et la crucifixion comme Dieu le veut. La Nuit qui est Chemin de purification va s’identifier avec la Croix. »

in « Edith Stein, la science de la croix », Cerf, éditions du Carmel, Solem, 2014.

« Au pied de la Croix, je me suis tenue avec toi durant ce jour, et j’ai ressenti clairement, comme jamais auparavant, qu’au pied de la Croix, tu étais devenue notre Mère, Déjà la fidélité d’une mère ici bas, ne prend-elle pas à cœur d’accomplir les dernières volontés de son Fils, mais toi tu étais de plus la Servante du Seigneur. L’être et la vie du Dieu fait homme était gravé tout entier dans ton être et ta vie. C’est ainsi que tu as pris les tiens dans ton cœur. Par le sang de ton cœur, par tes souffrances amères, tu as acquis pour chacune de ces âmes, une vie nouvelle. Tu nous connais tous, tu connais nos plaies ouvertes et nos blessures secrètes. Tu connais aussi la splendeur céleste dont l’Amour de ton Fils voudrait nous inonder dans l’éternelle clarté. Ainsi tu prends à cœur d’orienter nos pas, et aucun prix ne te semble trop élevé pour nous mener au but. Mais à ceux que tu as choisi entre tous, pour être de ta suite et de ton entourage un jour, près du trône éternel, il revient de se tenir avec toi, ici, près de la Croix, par le sang de leur cœur, par d’amères souffrances, ils ont mission d’acquérir la splendeur céleste pour toutes ces âmes de grand prix, que le Fils de Dieu leur a confiées et données en héritage ».

in « Edith Stein, Malgré la nuit », ’au pied de la croix, carême 1938’, éditions ad Solem, 2002, pp. 79-81.

« La Croix est dressée bien haut devant nous. Nos regards doivent y rester attachés. Le Crucifié nous regarde du haut de la Croix, et nous demande si nous désirons toujours liés à Lui par les promesses faites en un temps de grâces ».

in « Edith Stein, Source cachée, œuvres spirituelles », ’Ave crux spes unica, 14 septembre 1939’, éditions du Cerf, 1998, pp. 236-240.

« Je lui avais annoncé ma visite, lui demandant de chercher une chapelle où nous puissions prier durant l’heure sainte, c’était la veille du premier vendredi d’Avril 33 et, en cette année sainte, la mémoire de la passion du Sauveur était l’objet d’une vénération particulière. Nous nous sommes retrouvées toutes les deux vers 8 heures du soir dans la Chapelle du Couvent de Cologne, un prêtre se mit à prêcher en termes émouvants, mais j’avoue que j’entendais à peine son sermon, tout occupée que j’étais à une autre conversation. Je m’adressais intérieurement au Sauveur, lui disant que c’était sa Croix à lui, qui était imposée à notre peuple, la plupart des juifs ne reconnaissaient pas le Sauveur, mais n’incombait-il pas à ceux qui comprenaient, de porter cette Croix. C’est ce que je désirais faire. Je lui demandais seulement de lui demander comment. Tandis que la cérémonie s’achevait dans la Chapelle, je reçu la certitude intime que j’étais exaucée. J’ignorais cependant sous quel mode la Croix me serait donnée ».

in « Edith Stein, comment je suis entrée au Carmel de Cologne ».

« Au pied de la Croix, j’ai senti le destin qui allait frapper mon peuple. Certes, je sais mieux aujourd’hui, ce que cela signifie d’être l’épouse du Christ sous le signe de la Croix, mais on ne pourra jamais le comprendre tout à fait car cela reste un grand mystère ».

in « Edith Stein, Correspondance II (1933-1942) », lettre à Mère Petra Brünning, 1938 éditions du Carmel, Cerf, Solem, 2012.

« Y a-t-il une vocation à souffrir avec le Christ et ainsi coopérer avec Lui à son œuvre de salut, quand nous sommes unis au Seigneur, quand nous sommes membres du Corps Mystique du Christ, le Christ continue à vivre dans tous ses membres et continue à souffrir en eux. La souffrance portée en Union avec le Christ, est souffrance du Christ. Elle est incorporée à la grande œuvre du salut, elle devient fructueuse en cela. C’est le principe fondamental de toute vie religieuse, et avant tout de la vie au Carmel : prendre la place des pécheurs, se tenir par procuration à travers la souffrance volontaire et joyeuse, coopérer ainsi au salut de l’humanité ».

in « Edith Stein, Correspondance I (1917-1933) », lettre à Anneliese Leichtenberg le 26 décembre 1932, éditions du Carmel, Cerf, Solem, 2009.