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Son caractère tout entier tient de ces quelques mots. Elle faisait ce qu’on lui demandait sans fausse humilité. Le travail lui était confié, Dieu lui montrerait comment l’accomplir, et elle était sûre qu’il lui donnerait le temps et les forces nécessaires. Elle était, entre ses mains, l’instrument de son bon plaisir.

« Naturellement, la religion n’est pas quelque chose pour un petit coin tranquille, ou pour quelques heures de célébration ; mais elle doit, comme vous l’avez déjà ressenti, être la racine et la base de toute la vie, et cela, non pour quelques rares élus, mais pour tout vrai chrétien (à vrai dire, il n’y en a toujours qu’un petit troupeau) … »

« Dans la période qui a précédé immédiatement ma conversion, et encore longtemps après, j’ai pensé que mener une vie chrétienne signifiait renoncer à tout ce qui est de la terre et ne penser qu’aux choses de Dieu. Mais peu à peu j’ai compris qu’en ce monde autre chose nous est demandé, et que même dans la vie la plus contemplative le lien avec le monde ne peut être entièrement rompu. Je crois même que, plus quelqu’un est profondément absorbé en Dieu, plus il doit en un certain sens, ’sortir de soi’ pour pénétrer le monde et y apporter la vie divine ».

« Il s’agit seulement d’avoir concrètement un petit coin tranquille où l’on puisse converser avec Dieu comme si rien d’autre n’existait - et cela chaque jour. Les heures du matin me semblent les plus favorables, avant de commencer le travail de la journée ; ensuite, il faut que l’on trouve là sa mission particulière, si possible pour chaque jour, et non par choix personnel ; enfin, que l’on se considère entièrement comme un instrument ; et spécialement que l’on regarde les forces avec lesquelles on doit travailler - dans notre cas, l’intelligence comme quelque chose dont nous ne nous servons pas nous-mêmes, mais dont Dieu se sert en nous ».

« Vous avez là ma recette. Chaque matin ma vie commence à nouveau, et chaque soir elle se termine. D’autres plans et projets, je n’en ai pas - naturellement, il y en a qui font partie du travail quotidien de la journée : la profession d’enseignante, par exemple, est impraticable autrement. Mais du souci pour le lendemain, il ne faut jamais en avoir. Vous comprendrez donc que je ne puis laisser passer ce que vous dites : que je suis »devenue quelque chose« . Il me semble que le rayon de mon travail doive s’étendre, mais cela ne change rien pour moi, je le pense réellement. On m’a demandé cela, et je l’ai entrepris, sans savoir encore ce que cela comporte et quel sera pratiquement le chemin. »

[lettre du 12 Février 1928, à Soeur Callista Kopf, Dominicaine (Lettres I, p.54ss)]

« La prière est la relation de l’âme avec Dieu. Dieu est amour est l’amour est Bonté qui s’offre elle même, une plénitude d’être qui ne reste pas enclose en elle même mais qui veut se communiquer, s’offrir aux autres et les combler de bonheur ».

« La prière est l’activité la plus haute dont l’esprit humain soit capable. Mais ce n’est pas un acte accompli par l’être humain seulement. La prière est une échelle de Jacob par laquelle l’esprit de l’homme va vers Dieu en s’élevant et la grâce de Dieu vers l’homme en descendant ».

[in « Edith Stein, Source Cachée, œuvres spirituelles », Amour pour amour, Editions du Cerf, 1998, p.118.]

« Nous pressentions le mystère, la splendeur cachée d’une vie transformée par la foi. Ainsi nous révéla-t-elle ce que pourra être une foi profonde, parfaitement harmonisé par une attitude de vie : elle était un exemple par sa seule tenue, elle était un Être silencieux et calme qui nous dirigeait davantage par sa manière d’agir que par ses paroles ».

« Je crois avoir reconnu d’elle le témoignage de son silence : elle avait un si grand cœur ouvert à tout ce qui est beau mais secrètement réservé à Dieu seul ».

[témoignages d’étudiants quand Édith Stein était professeur à Spire, entre 1922 et 1931 .]

« Bénis tous les cœurs, Seigneur, en premier lieu ceux qui sont tristes, soulage tous les cœurs malades et pacifie tous les tourmentés, apprends l’oubli aux êtres qui ont oublié leurs amours, ne laisse pas dans le monde entier nul cœur en tourment de péché.

Bénis, Seigneur, les cœurs joyeux. Garde-les sous ta protection. A moi tu n’as jamais ôté l’habit de deuil, non, pas encore … Il pèse parfois lourdement sur mes épaules fatiguées. Tu me donnes la force et je le porte en pénitence jusqu’à la tombe ».

[in « Edith Stein, Malgré la nuit, poésies complètes », Prière à Dieu le Père, Editions Ad Solem, 2002, p.59.]

« Ô Seigneur Dieu donne moi

Tout ce qui peut me conduire à Toi.

Ô Seigneur Dieu éloigne de moi

Tout ce qui peut me détourner de Toi.

Ô Seigneur Dieu fais aussi que je ne sois plus mienne

Mais que je sois entièrement tienne. »

[citations dans « Edith Stein, Correspondance I (1933-1942) », Editions du Carmel, Cerf, Solem, 2009.]