81100 Castres

Castres

Carmel

Le Carmel de CASTRES, ville moyenne du Sud-Ouest de la France est la seconde fondation de l’archidiocèse d’Albi.

ANTECEDENTS Cloître

Les Carmes installés à Albi depuis 1311, chassés au 16e siècle par les guerres de religion, reconstruisent le Carmel albigeois en 1638. La Révolution française l’anéantit une fois de plus. Le calme revenu, Monseigneur de GUALY, archevêque d’Albi en 1834, désire vivement le retour des ordres religieux chassés en 1790 et il souhaite tout particulièrement établir un monastère de carmélites à Albi et un autre à Castres. Il fait appel à l’évêque d’Agen qui possède un Carmel dans son diocèse. C’est ainsi que Mère Catherine du Saint-Cœur de Marie (qui fondera quinze Carmels dans le Midi de la France) reçoit l’autorisation d’établir le Carmel d’Albi. Monseigneur de GUALY meurt avant l’aboutissement de ses projets et c’est son successeur Monseigneur de JERPHANION qui réalisera la fondation d’Albi en 1844. Le Carmel castrais lui tient à cœur, mais toutes les recherches d’un local approprié restent infructueuses. L’archevêque patiente mais ne renonce pas. Soudainement (contrairement à ses habitudes et sans cause apparente) il prend une décision qui brusque le cours des événements. Le 3 février 1864 vers 18 heures d’un ton solennel il dit à Mère Catherine : « je vous ordonne en vertu de la Sainte Obéissance, de partir demain matin par la première diligence à destination de Castres. Vous irez à la recherche d’une maison pour le monastère. Votre aumônier Monsieur l’abbé Dougados vous accompagnera. »

Le lendemain commence le minutieux travail de recherche. Au bout de quinze jours de démarches, on trouve une maison en location, 8 rue Montlédier. Avant la Révolution, maison et jardin avaient appartenu à l’abbaye cistercienne de Notre Dame de l’Ardorel. Une Croix et une devise latine surmontaient le portail : « Perierat nisi periisset » (S’il n’était mort, tous auraient péri ». Avec l’accord de Monseigneur de JERPHANION, le propriétaire consent un bail de cinq ans à 800 francs l’an. Le Berceau du Carmel de Castres est prêt.

FONDATION

Le lundi 29 février 1864, Mère Catherine arrive à Castres avec huit religieuses d’Albi :

  • Mère Catherine du Saint-Cœur de Marie, professe de Toulouse, conventuelle d’Agen.

- Sœur Thérèse du Sauveur, professe de Toulouse, conventuelle d’Albi.

- Sœur Marie Victime de Jésus, professe d’Agen.

  • Sœur Marie-Madeleine de Jésus, professe d’Agen.
  • Sœur Germaine de la Conception, professe d’Albi.

- Sœur Marie Stanislas de Saint Jean de la Croix, professe d’Albi.

- Sœur Marie de l’Incarnation (du voile blanc) professe d’Albi.

- Sœur Isabelle des Anges, novice d’Albi. - Sœur Marie-Louise de Jésus, tourière d’Albi.

Le lendemain, mardi 1er mars 1864, Monsieur l’Abbé DOUGADOS célèbre la première messe conventuelle. La fondation du Carmel de Castres est officiellement réalisée sous le titre du Sacré Cœur de Jésus et sous la protection de Notre Père Saint Joseph et de notre Mère Sainte Thérèse. Comme dans tous les Carmels de France de l’époque on fait des vœux simples perpétuels (on garde cependant toutes les obligations des vœux solennels). En 1952, les vœux solennels sont rétablis sur le désir de S.S. Pie XII. Dès le début on suit la règle primitive et les Constitutions de la Réforme Thérèsienne.

MONASTÈRE

Mais le berceau est trop petit. Rapidement Mère Catherine reprend ses recherches et découvre l’Hôtel Frascaty, ancienne demeure princière vendue sous la Restauration. De nombreux propriétaires ou locataires se partagent le vaste domaine ; un pensionnat occupe l’aile orientale. Sans se décourager, Mère Catherine entame les pourpalers. Pour trouver la somme exigée par les propriétaires, Monseigneur autorise une souscription. Les Catholiques Castrais se rendent compte de l’importance de l’événement : un mois suffit pour atteindre la moitié de la somme. Ce premier versement permet un arrangement le 24 avril 1864 : un des propriétaires se retire. Aussitôt le grand salon devient chapelle provisoire et on dresse une clôture. Le 2 juillet 1864, les carmélites quittent le Berceau et le 16 juillet, Monseigneur de JERPHANION préside l’imposition de la Clôture et célèbre la première messe solennelle. Le travail d’aménagement est immense. Dans les parties libérées par les propriétaires, les ornements superflus font place au dépouillement carmélitain. Le 3 novembre 1864, Mère Catherine élue Prieure à Bordeaux, est obligée d’abandonner la fondation en pleine évolution. Les travaux se poursuivent, gênés par la présence du pensionnat qui n’autorise pas les chantiers. Ce pensionnat ferme en août 1868. Mère Stanislas, jeune Prieure, fait appel à l’expérience de la fondatrice. Mère Catherine vient l’aider pendant six mois. Ensemble nos deux Mères affrontent le travail de transformation. La chapelle jusque là provisoire est placée perpendiculairement à la rue Amiral Galiber. L’intérieur mesure quinze mètres de long. La voûte est en croisée d’arcs brisés. L’ensemble est de conception très sobre selon la Règle et la pauvreté du couvent. Ce sanctuaire est béni le 16 juillet 1869 par Monseigneur LYONNET. Peu à peu les locaux s’édifient et se transforment. Lorsque les ouvriers quittent les chantiers, les Sœurs les remplacent allègrement. Aussi avaient-ils coutume de dire « les Sœurs vont venir, les pierres n’auront pas froid. »

A son départ définitif, janvier 1669, Mère Catherine nous laisse la chapelle, les sacristies, le Chœur et l’avant-Chœur, les tours et les parloirs et douze cellules. Le monastère n’est achevé qu’en 1872. Les souffrances n’ont pas manqué et particulièrement en 1871. Une personne s’engage à terminer le monastère à ses frais. Elle découvre tout le monastère, puis se retire. La Providence veille. Les dons charitables permettent de couvrir peu à peu les dépenses. Les pauvres surtout sont nombreux : une modeste servante apporte ses gages de plusieurs années.

Le 7 août 1871, une phtisie emporte une jeune converse de 31 ans, Sœur Marie de la Croix. C’est la première inhumation dans notre caveau à l’intérieur du monastère. Il fallait traiter avec la Préfecture et le Carmel est reconnu de facto par les autorités civiles.

SUPPRESSION ET RESTAURATION

Une majorité républicaine sort des élections de 1877. Son programme est appliqué par étapes. Une loi du 1er juillet 1901 soumet les ordres religieux à un contrôle de l’Etat. Les congrégations doivent demander l’autorisation légale dans un délai de 3 mois ou être dissoutes. La communauté consulte et prie dans la souffrance. Le 26 septembre, un vote secret révèle le choix des sœurs : il faut partir. Le 1er octobre 1901, MONS en Belgique accueille fraternellement la communauté. En janvier 1902, les Sœurs gagnent leur refuge définitif à Tirlemont où elles restent jusqu’en août 1920.

Pendant ce temps le monastère de Castres, désaffecté fut placé sous séquestre, puis loué à un fabricant de meubles. En 1903, la famille d’une des carmélites castraises, famille Besse, rachète le monastère. Le Petit Séminaire s’y abrite un moment, puis le pensionnat de la Présentation.

Le 30 août 1920 ramène à Castres les carmélites exilées depuis 19 ans. Avant de regagner le cloître, Mère Marie de Saint-Michel, Prieure en charge put embrasser les siens : leur générosité rendait au Carmel les bâtiments sauvés et disponibles.

En novembre 1951, d’importants travaux restaurent, suivant des lignes plus modernes, les bâtiments et la Chapelle. Un moine d’En-Calcat, Dom Charles trace les plans. Pour le maître autel une table de granit du pays est posé sur un socle de moëllons de Dourgne. Un grand Christ en Croix du maître sculpteur CARALP surmonte l’autel.

En 1979, on termine une nouvelle restauration de la Chapelle pour permettre la messe face au peuple selon les directives du Concile Vatican II. Un moine d’En-Calcat, le Père Denis, renouvelle les vitraux mais l’ensemble garde la simplicité et l’austérité d’un sanctuaire carmélitain.

En 1988, nouvelle restauration de la Chapelle. Le tabernacle et le pied de l’autel sont l’œuvre de Mr IZARD, artiste de Cahuzac. L’ancien tabernacle trouve place au Chœur où désormais nous avons la grâce de garder le St Sacrement (autorisation de Mgr Rabine).

ÉVÈNEMENTS IMPORTANTS

  • 21 novembre 1955, érection du Tiers Ordre. La Prieure en charge, Mère Marie-Louise, y a beaucoup contribué. Un groupe bien vivant de sympathisants s’y joint rapidement.
  • 1956 : Castres envoie sa Prieure et un déléguée aux premières Assemblées Fédérales à Lisieux. Dès la création des Fédérations, nous y avons donné notre adhésion.
  • 13 mars 1957 : Le Carmel de Cahors vient fusionner avec celui de Castres.
  • 26 octobre 1988 : Décret du Ministère pour la reconnaissance légale de la Communauté des Carmélites de Castres.

VISITEURS ILLUSTRES

Ce sont d’abord nos vénérés archevêques, véritables pères de notre Carmel, particulièrement Monseigneur de JERPHANION, instigateur de la fondation et Monseigneur LYONNET qui aident le monastère en des temps très difficiles entre 1869 et 1872.

  • Le 7 juin 1871, en la fête du Sacré-Cœur, le général de SONIS, ami fidèle du Carmel de Castres vient remercier Notre Dame du Mont Carmel de l’avoir miraculeusement soutenu dans la nuit tragique du 2 au 3 décembre 1870. A chaque permission il rend visite au Carmel.
  • Le Père GINHAC, Jésuite, mort en odeur de sainteté en 1895, prodigue ses enseignements à la communauté.
  • Le 18 février 1895, visite du Père Marie Antoine, Capucin de Toulouse renommé pour sa sainteté.
  • Le Cardinal MERCIER, Primat de Belgique rend visite à nos Sœurs exilées à Tirlemont et les soutient paternellement.
  • 1er décembre 1957, visite du Très Révérend Père Anastase, Préposé général de l’Ordre. Il nous laisse le mot d’ordre : « Soyez saintes. Une Sainte Carmélite doit être oraison ».
  • 28 mars 1960, visite du Père Marie Eugène. Il avait déjà fait la visite apostolique le 15 septembre 1950.
  • 20 septembre 1961, visite du Père Assistant Père Bernard de Saint Joseph.

Nous pouvons ajouter les Pères abbés de l’abbaye bénédictine d’En-Calcat qui nous honorent de temps en temps de leur visite.

RELIGIEUSES REMARQUABLES

Nous avons nommé les fondatrices : Mère Catherine du Saint-Cœur de Marie et Mère Stanislas qui présidait pendant 50 ans à la vie du Carmel de Castres. Elle est retournée à Dieu à Tirlemont en exil en 1916 à l’âge de 82 ans dont 63 de vie religieuse.

Le 22 janvier 1935, s’éteint en prédestinée Sœur Marie-Bernard de l’Immaculée Conception (Marie ROUYER) née le 13 mai 1904 à Dieppe (France), elle entra au Carmel de Castres avec sa sœur jumelle le 14 juillet 1926. Ame profondément mariale, 8 ans lui suffirent pour achever sa montée vers le Seigneur. Sa tombe constamment visitée et fleurie témoigne des nombreuses grâces obtenues. Avant de mourir dans de grandes souffrances héroïquement supportées, elle avait promis : « aux pieds de Marie, ma Mère Immaculée, je prierai sans cesse et là je ferai beaucoup de bien. »

BIBLIOGRAPHIE

« Le Centenaire du Carmel de Castres 1864 –1964 » par un groupe d’amis. Imprimerie H. Hérail, Castres.

« Archives du Monastère »

« Un lis de Marie Immaculée. Sœur Marie-Bernard de l’Immaculée Conception ». Librairie St Paul 6, rue Cassette Paris VI°

Adresse

Carmel de Castres — 12, rue Amiral Galiber — 81100 CASTRES
Tél : (33) 05 63 59 24 92 — Fax : (33) 05 63 71 01 28 —

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