L’enseignement du chemin de perfection

L’ENSEIGNEMENT DU CHEMIN DE PERFECTION [1]

À l’origine, ce livre (Ms de l’Escurial) ne comporte pas de titre. Quand Thérèse le révise (Ms de Valladolid), elle ajoute une page initiale sur laquelle elle écrit : « Ce livre renferme des avis et des conseils que Thérèse de Jésus donne à ses filles… » Au dos, une main anonyme, imitant l’écriture de Thérèse, a écrit : « livre appelé “Chemin de perfection” ».

I / un Chemin royal

Le terme « chemin » revient plus de 70 fois dans cet écrit et celui de « perfection » plus de 40 fois, quelle qu’en soit la version, mais nous notons que, curieusement, les deux termes ne s’y trouvent jamais ensemble. Nous retrouvons par contre l’expression « camino de perfección » à six reprises dans le Livre de la vie (V 15, 13 ; 21, 7 ; 31 titre ; 31, 17 ; 32, 18 ; 35, 14). Hélas, la traduction française Thérèse d’Avila, [2] , à laquelle nous nous référons, traduit l’expression « camino de perfección » par « chemin de la perfection », or sous la plume de Thérèse, nous ne trouvons l’expression « camino de la perfección » qu’une seule fois au livre des Fondations (F 19, 1).

Avec ce titre, Chemin de perfection, le livre rejoint toute une lignée d’ouvrages spirituels qui évoquent un itinéraire. [3]

A six reprises, dans son texte, Thérèse utilise l’expression « camino de oración » (C 4, 3 ; 20 titre ; 21, 6 ; 21, 7 ; 23 titre ; 39, 7). Mais n’oublions pas que l’Inquisiteur Fernando de Valdés a publié en 1559 l’Index des livres interdits dont un bon nombre étaient des ouvrages spirituels. Il était sans doute plus prudent de parler d’un « chemin de perfection » que d’un « chemin d’oraison ».

Quoi qu’il en soit du titre de l’ouvrage, il est clair que Thérèse propose à ses filles de suivre un itinéraire, elle leur « indique un chemin qui mène à la contemplation » (C 16, 5 ; cf. 17, 1 ; 18, 1). Il s’agit d’un chemin « bon » (C 19, 1), voire même « excellent [4] » (C 28, 5) ; qui n’est « pas dangereux » (C 21, 7). Par trois fois dans un même paragraphe, elle précise que c’est le « véritable chemin »(C 21, 9).

Un réel dynamisme ressort des verbes utilisés par Thérèse en relation avec le chemin : il faut « commencer » et « partir » (C 20, 3), « marcher » (C 4, 3 ; 19, 1 ; 21, 1.9 ; 41, 9 ; etc.), « avancer » (C 20, 5), « suivre » (C 22, 3), et surtout « ne pas rester en chemin » (C 19, 15 ; 20, 2 ; 25, 4).

C’est elle qui nous indique la route mais en fait, c’est Dieu qui nous y conduit (C 17, 1) et qui nous la révèle peu à peu (C 21, 9). Elle invite d’ailleurs ses filles à montrer ce chemin à leurs contradicteurs : « Découvrez-leur humblement le chemin que vous suivez » (C 21,10.)

La disposition intérieure a son importance : il ne faut pas « suivre ce chemin en tremblant [dans la crainte] » (C 22, 3) mais « avec joie » (C 17 titre), « dans la paix et la tranquillité de l’âme » (C 20, 5), « en paix et en repos » (C 41, 9), même si sur ce chemin nous rencontrerons des obstacles (cf. C 19, 14). Il s’agit d’avoir une « détermination déterminée » (C 21, 2 texte espagnol) pour suivre ce chemin jusqu’au terme.

Au chapitre 21, Thérèse nous donne une précision d’une grande importance : le “cheminˮ, dont elle nous parle, est un « camino real » (C 21, 1 ; 21, 5), un « chemin royal ». Cette expression peut nous sembler anodine ou encore évoquer un chemin spacieux. En fait, cette expression nous renvoie à une réalité importante au temps de Thérèse, il y avait en Espagne deux sortes de chemins, les “chemins royauxˮ, que tout le monde pouvait emprunter librement et les “chemins privésˮ dont l’usage était réservé. En indiquant que le “cheminˮ qu’elle déploie sous nos yeux est un “chemin royalˮ, Thérèse nous montre par là qu’il n’est pas réservé à ses filles mais que toute personne peut l’emprunter ; c’est pourquoi, elle nous le dévoile dans cet ouvrage qu’elle voulait voir imprimer.

La Madre emploie aussi le verbe “regarderˮ à propos de l’attitude à avoir vis-à-vis du chemin : « O Seigneur ! Tout le mal vient de ce que nous ne tenons pas les yeux fixés sur toi. Si nous ne regardions que le chemin, nous arriverions bien vite au bout » (C 16, 11). Elle identifie ici le chemin et le Seigneur Jésus qui a dit : « Je suis le chemin, la vérité, la vie » (Jn 10, 6). C’est non seulement en lui que se fait l’itinéraire, mais il est “le Cheminˮ qui nous conduit au Père. C’est pourquoi Thérèse prend comme fil conducteur de la deuxième partie de son écrit la prière que le Christ Jésus a enseignée à ses apôtres : le “Notre Pèreˮ.

C’est d’ailleurs le nom qu’elle donne à cet écrit quand elle en parle à son frère Lorenzo : « Ce que je vous ai dit se trouve dans le livre, dans celui du Paternoster, vous trouverez là beaucoup de choses sur l’oraison où vous êtes parvenus… […] Relisez cet écrit, ou du moins ce qui regarde le Notre Père. Vous y trouverez peut-être quelque chose qui vous ira » (LT 172, 8, du 2 janvier 1577). Il s’agit bien, comme elle nous l’indique en finale, d’un « chemin spirituel » (C 42, 5).

II / Tenir les yeux fixés sur le Christ

Le “cheminˮ, c’est le Christ ; nous l’avons entendu plus haut ; l’auteur invite ses lecteurs à fixer les yeux sur le Christ Jésus. Cet écrit de Thérèse, si bien nommée “de Jésusˮ, est éminemment christocentrique. Nous le constatons par l’emploi des “titresˮ donnés au Christ Jésus et par leur fréquence : “Amadoˮ (1) , “Amadorˮ (1) , Juge (1) , Modèle (1) , Rédempteur (1) , Aimant Agneau (2) , Enseignant (3) , Hôte (4) , Notre-Seigneur (6) , Ami (7) , Christ (12), Époux (17), Jésus (24), Fils (27), Maître (30), Seigneur (346).

Sont totalement absents, dans cet écrit, les titres de “Crucifiéˮ et de “Sauveurˮ.

En dehors du titre “Seigneurˮ, qui revient sans cesse (2755 fois) sous la plume de Thérèse et qui parfois désigne le Père, nous constatons que quatre titres reviennent plus fréquemment :

  • “Jésusˮ, appelé d’ailleurs presque toujours « le bon Jésus » ;
  • “Épouxˮ, de ses filles, moniales de la réforme, qui sont les destinataires de cet ouvrage ;
  • “Maîtreˮ, Celui qui enseigne la prière et qui révèle le Père ;
  • “Filsˮ, en qui nous devenons des fils et des filles de Dieu. Comme Thérèse appuie son ouvrage sur la prière du “Notre Pèreˮ, que le Christ Jésus enseigne à ses disciples, il n’est pas étonnant qu’elle se réfère à Lui principalement comme “Maîtreˮ et “Filsˮ.

Dans le manuscrit de l’Escurial, nous trouvons la très belle dénomination de la communauté du carmel comme "colegio de Christo" [5] , « collège du Christ » (CEsc 20, 1), appellation qui passera à la postérité pour désigner les carmels thérésiens manifestant ainsi clairement le christocentrisme reçu de la Mère fondatrice.

Tout au long de son traité, Thérèse exhorte ses filles à poser leur regard sur le Christ.

Dès le début, le ton est donné : « Fixez les yeux sur votre Époux » (C 2, 1). L’absence de ce regard a de grave conséquences : « Tout le mal vient de ce que nous ne tenons pas les yeux fixés sur toi » (C 16, 11). Elle se fait donc suppliante : « Tout ce que je vous demande, c’est de le regarder. Et qui vous empêche de tourner les yeux de votre âme vers ce divin Maître, pour un instant seulement, si vous ne pouvez pas davantage ? » (C 26, 3).

Nous sommes invités à avoir sur nous une représentation du Christ et à la regarder régulièrement pour poser, à travers elle, notre regard sur Lui : « Quelle joie d’avoir sous les yeux l’image de Celui que nous avons tant de raisons d’aimer ! » (C 34, 11 ; cf. § 12 et 13).

En fait, ce regard sur le Christ nous aidera dans la vertu du détachement de tout le créé ; il nous fera prendre conscience que nous vivons sous son regard : « Jamais votre Époux ne vous quitte des yeux » (C 26, 3 ; cf. C 41, 3).

Ce simple regard, accompagné d’un élan du cœur, nous obtiendra sa grâce : « Si vous avez levé les yeux vers le ciel avec un souvenir du cœur pour lui, il ne manquera pas, soyez-en sûres, de vous récompenser » (C 24, 3). À l’école de Thérèse de Jésus, nous pouvons définir l’oraison comme un échange de regard. Fixant le Christ, je prends conscience de son regard d’amour sur moi, je l’accueille et, avec sa grâce, je cherche à y répondre. [6]

Ce “cheminˮ, sur lequel Thérèse nous invite à marcher, conduit à la source d’eau vive mais il est aussi lieu du combat.

III / Deux images très importantes : le combat et la source

Des nombreuses images qui émaillent le récit thérésien, deux nous semblent particulièrement importantes pour son enseignement : le combat et la source

a) S’engager dans le combat

Dès les premiers chapitres de son traité, le combat est présent : « Le monde est en feu » (C 2, 5). Elle poursuit : « Il m’a semblé que la conduite à tenir était celle que l’on adopte en temps de guerre » (C 3, 1). D’un côté les ennemis et de l’autre les amis : « Mon divin Maître ayant tant d’ennemis, et si peu d’amis, je voulais que ces derniers fussent au moins excellents » (C 1, 2).

La Madre exhorte ses troupes comme un bon capitaine : « Si nous ne nous déterminons pas à accepter une bonne fois la mort et la perte de notre santé, nous ne ferons jamais rien. Ainsi donc, tâchez de vous affranchir de cette frayeur, et de vous abandonner tout entières à Dieu, advienne que pourra ! […] Soyez-en persuadées, cette détermination est importante au-delà de ce que nous pouvons penser. […] J’en suis convaincue, pour bien comprendre les fruits qu’on retire d’une semblable victoire, il faut l’avoir déjà remportée » (C 11, 4-5).

Tout au long de son traité, Thérèse insiste fortement sur la détermination nécessaire pour commencer, avancer et finir. Les diverses occurrences le manifestent clairement : “determinaciónˮ (23), “determinadamenteˮ (2), “determinadoˮ (9), “determinarˮ (16). Et surtout la belle expression : « ce qui est d’une importance majeure, d’une importance capitale, c’est d’avoir une résolution ferme, une détermination absolue, “determinación determinadaˮ, inébranlable, de ne pas s’arrêter avant d’avoir atteint la source » (C 21, 2).

Il y a un combat à mener et il faut : « être résolues à mourir plutôt que de renoncer à atteindre le but » (C 20, 2). But qui nous est dévoilé par l’image de la source d’eau vive.

b) Boire à la source d’eau vive

En introduisant l’image de la source, Thérèse affirme : « Je vous ai dévoilé le terme et fait connaître la récompense avant le combat, en vous disant combien il est avantageux de s’abreuver aux sources vives de cette fontaine céleste » (C 19, 14). S’appuyant sur le dialogue du Christ avec la Samaritaine (Jn 4), elle évoque la vue lointaine d’une source dont les « ennemis [nous] disputent le chemin à l’entrée, au milieu et à l’extrémité » (C 19, 2). Nous savons ainsi que nous aurons toujours à lutter.

Avec une grande finesse pédagogique, Thérèse suggère que la grâce nous accompagne sur ce chemin : « C’est une soif souverainement douloureuse et pénible, et cependant elle est accompagnée d’un plaisir qui calme son ardeur. […] Chaque fois qu’elle boit de cette eau, elle aspire avec plus d’ardeur à s’en abreuver encore » (C 19, 2).

Cette eau si précieuse possède trois propriétés importantes : elle rafraîchit (C 19, 3), elle purifie les choses souillées (C 19, 6), enfin elle étanche et fait disparaître la soif (C 19, 8). Thérèse, comme elle l’explique dans le Livre de la vie, écrit pour « affriander les âmes, “engolosinarˮ » (cf. V 18, 8). Elle nous montre le but et ses avantages : « afin que vous ne vous désoliez pas des obstacles que présente ce chemin, mais que vous marchiez courageusement » (C 19, 14).

L’appel est universel et la certitude de l’auteur forte : « Songez que le Seigneur invite tout le monde. […] Je regarde comme certain que tous ceux qui ne resteront pas en chemin recevront cette eau vive. Daigne Celui qui nous la promet nous donner sa grâce pour la chercher comme il faut parce qu’il est le Seigneur ! » (C 19, 15).

IV / Un manuel pour les communautés séculières

Thérèse écrit dans un premier temps pour ses filles, mais son propos s’élargit. Dans ses réécritures successives, le Chemin de perfection acquiert une véritable universalité ; il devient d’une certaine manière un “manuel de réformeˮ. Nous pourrions presque parler d’un traité ecclésial de Contre-réforme pour la régénération de l’Église.

Dans la première version, Thérèse écrit : « imposibilitada de aprovechar en nada en el servicio del Señor », “incapable d’être utile en rien au service du Seigneurˮ (CEsc 1, 2). Dans le manuscrit de Valladolid, nous lisons : « Imposibilitada de aprovechar en lo que yo quisiera en el servicio del Señor », “incapable d’être utile dans ce que je désirais au service du Seigneurˮ (CVall 1, 2).

Il s’agit bien d’un “désirˮ existentiel de la Madre, désir qu’elle veut transmettre à ses filles et à ses fils spirituels. En la proclamant Docteur de l’Église, le pape Paul VI reconnaît son charisme de maternité spirituelle sur l’Église entière et invite les fidèles à accueillir son enseignement.

Le profond désir de la Madre se perçoit de deux manières : d’une part en comparant les chapitres 1 et 3 du Chemin de perfection, d’autre part en mettant en parallèle les deux rédactions du chapitre 3.

Le propos du premier chapitre, évoquant l’étroit espace conventuel, s’élargit considérablement au troisième chapitre. Ce ne sont plus seulement les moniales de San-José qui sont appelées à agir et à se réformer, mais tous ceux qui prennent au sérieux leur vie chrétienne. Ce traité de vie spirituelle invite tous les chrétiens à regarder le Christ comme modèle suprême, à vivre une amitié avec lui pour être témoins ensuite de cette expérience au cœur du monde.

Le Chemin de perfection devient ainsi un manuel de vie pour les chrétiens. La vie d’oraison n’est pas déconnectée de la vie humaine, bien au contraire, elle est en prise directe avec celle-ci. Les trois points sur lesquels Thérèse revient avec insistance avant de parler des différents degrés de l’oraison : amour fraternel, détachement du créé et humilité, rejoignent le concret de nos vies. En pédagogue, peut-être même en mystagogue, Thérèse dévoile le terme du chemin pour nous inciter à nous mettre en route sans délai.

Le réalisme thérésien nous rejoint et nous bouscule quand elle nous interroge sur notre style de vie : « regalo y oración no se compadece » (C 4, 2). La traduction du mot "regalo" [7] est difficile. Une définition trouvée dans le Dictionnaire de la Real Academia propose : “temps de reposˮ. Cela me semble intéressant ; ainsi nous pourrions traduire « Temps de repos et oraison ne vont pas ensemble ». Ce qui rejoint bien l’idée du combat spirituel qui sous-tend tout le Chemin de perfection. N’était-ce pas déjà l’intuition de saint Augustin quand il s’écriait : « Tu nous as fait pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi ». (Confessions. I, 1, 1).

Les éléments fondamentaux de l’enseignement thérésien demeurent universels : importance de la relation d’amitié avec le Christ, valeur ecclésiale de la vie d’oraison, nécessité de l’ascèse pour avancer sur le chemin de l’union à travers les divers degrés de l’oraison. Thérèse de Jésus appelle toujours avec autant de force et de réalisme à la rencontre du Christ vivant, au secret de notre cœur. C’est la seule vraie réponse au désir profond qui habite le cœur de tout homme.

À nous d’oser avancer, de manière personnelle, sur ce chemin, libres et joyeux, résolus et déterminés “à faire le peu qui dépend de nousˮ (cf. C 1, 2), sûrs qu’avec la grâce de Dieu, nous “réussirons à nous abreuver à la fontaineˮ (cf. C 28, 5).

[1Nos citations et références sont extraites de : Thérèse d’Avila, Œuvres Complètes, Ed. du Cerf, 1995, tome I et II. Pour le Ms de l’Escurial, nous utilisons la traduction de Jeannine Poitrey, Ed. du Cerf, 1981.

[2Œuvres complètes, Cerf, 1995, traduction de Mère Marie du Saint Sacrement (Clamart).

[3Citons par exemple : el Camino de perfección espiritual del Alma, d’un franciscain anonyme (1532), la Subida del Monte Sión de Bernardino de Laredo (1535), la Via spiritus o Camino de la perfección espiritual del alma, de Barnabé de Palma (1541), Vergel de oración y monte de contemplación, de san Alonso de Orozco (1544), libro de la oración, de Martín de Azpilcueta (1545), el Camino para el cielo, de Luis de Alarcón (1547), Itinerario de la oración, de Francisco de Hevia (1553), etc.

[4En espagnol “excelente caminoˮ traduit ici par « excellente voie ».

[5L’édition française aplatit le texte en traduisant : « disciples du Christ ».

[6Citons ici deux filles de sainte Thérèse de Jésus qui définissent la prière comme un regard vers le Seigneur. Tout d’abord Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : « Pour moi la prière, c’est un élan du cœur, c’est un simple regard jeté vers le Ciel… » (Ms C f°25r). Puis Élisabeth de la Trinité : « Aimez toujours la prière, et quand je dis la prière, ce n’est pas tant s’imposer quantité de prières vocales à réciter chaque jour, mais c’est cette élévation de l’âme vers Dieu à travers toutes choses qui nous établit avec la Sainte Trinité en une sorte de communion continuelle, tout simplement en faisant tout sous son regard » (Lettre 252, à Germaine de Gémeaux, de fin décembre 1905).

[7Dans Tesoro de las dos lenguas española y francesa de César Oudin, de 1616, nous lisons : régale, délice, caresse, chère mignardise, joye, ébat, fête, festoyement, présent.

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