Le Carmel de Saint-Denis

Qu’est devenu le carmel de Saint Denis ?


St Denis - Couloir menant aux cellules

La communauté fut dispersée en 1792. Après la Révolution, les carmélites de Saint-Denis, se rassemblèrent, d’abord à Paris en 1807, puis en 1838, à Autun. Après de nombreuses démarches pour récupérer l’ancien monastère transformé en caserne, une petite délégation de religieuses put enfin s’y installer en 1868. Mais le 21 décembre 1895, les sœurs quittèrent définitivement Saint-Denis pour Versailles. Exilées à Berckt, en Hollande en 1901, suite aux mesures frappant les congrégations, elles revinrent en France en 1921 et s’installèrent à Montgeron. Le carmel de Montgeron ayant été fermé en 1988, la communauté fut dispersée entre plusieurs couvents ; la sœur qui conservait les archives de Madame Louise rejoint le carmel d’Autun. Le couvent d’Autun fut à son tour fermé en 2000 ; les soeurs ne furent pas séparées et furent accueillies par le carmel de Nogent.

L’église de Richard Mique fut transformée en tribunal à la fin du XIXe siècle, ce qui explique l’inscription « Justice de Paix » sur le fronton. Occupés par les Soeurs de la Sainte-Famille du Sacré Cœur jusqu’en 1959, les bâtiments conventuels furent ensuite convoités par les promoteurs immobiliers. Mais en 1972, la municipalité de Saint-Denis décida de les acheter à l’évêché pour y installer un musée. Aujourd’hui, le musée d’art et d’histoire de Saint-Denis, accueille de nombreux visiteurs et propose un programme d’expositions et d’animations culturelles très diversifié. Le défi de faire de cet ancien carmel, un lieu d’humanité et de vie a été relevé.

Dominique Ponnau, directeur honoraire de l’Ecole du Louvre, qui a été acteur de cette renaissance en témoigne dans la préface de la biographie de Madame Louise par Bernard Hours :

….“ce qui, selon toute vraisemblance humaine, eût dû entraîner l’incohérence et même l’entrechoc destructeur de collections, disparates ou opposées dans leur signification, telles que celles sur la Commune de Paris et celles des souvenirs du carmel de Saint-Denis, […] c’est ce qui, au contraire, par l’effet de médiations humaines aussi délicates qu’intelligentes et, j’ose le dire en chrétien, par l’effet de la grâce, est devenu facteur d’unité, de respect mutuel, d’interrogation silencieuse sur les tentatives contradictoires et parfois violentes des hommes, à travers leur histoire, pour conquérir la liberté et la dignité fondatrices de leur humanité même.”


Crédits photographiques :

  • Couloir du carmel,
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