Structure du manuscrit de Valladolid

LE MANUSCRIT DE VALLADOLID ET SA STRUCTURE

I / Le manuscrit de Valladolid [1]

Dans cette seconde rédaction, nous avons déjà noté qu’il s’agit d’une réécriture, d’une réélaboration du traité. Nous avons déjà évoqué les suppressions faites par l’auteur.

Il nous faut à présent souligner que Thérèse profite de ce profond remaniement du texte pour amplifier divers thèmes concernant la vie religieuse et la pratique ascétique. Nous en retiendrons particulièrement cinq :

  • Elle insiste vigoureusement sur la liberté de conscience indispensable pour les moniales de San-José, soumises à une clôture rigoureuse, ainsi que sur la nécessité de leur faciliter l’accès à des lettrés qui ne soient pas confesseurs (CVall 4, 12-16 ; 5, 1-7). Ce qui sera approuvé par le censeur : « C’est bien. Parce qu’il y a des maîtres spirituels qui, pour ne pas se tromper, condamnent à cause du démon, tous les esprits qui existent… » (f° xxiiiv, CVall 5, 4).
  • Elle amplifie considérablement la présentation de deux thèmes importants en matière d’oraison : le recueillement et la quiétude (CVall 28-31).
  • Elle renforce les exigences de la formation et des aptitudes des candidates à la vie carmélitaine avant de les admettre à la profession (CVall 13, 3-6).
  • Elle reprend et affine le thème délicat de l’amour pur et de l’ascèse de l’affection (CVall 4, 12 ; 7, 4 ; 24, 3).
  • Elle développe la question de l’efficacité de la prière parfaite. Souvenons-nous que dans le manuscrit de l’Escurial, le censeur avait ici noté : “Ô grand signeˮ. Thérèse enrichit considérablement le thème tout au long des chapitres 36 à 39.

Nous pourrions signaler encore une multitude de légères transformations qui témoignent d’un véritable travail de réécriture.

Il s’agit bien d’une réélaboration méticuleuse du propos, réalisée avec ténacité et rigueur. Elle atténue les effusions enflammées au profit de la précision doctrinale. Mais cette deuxième version est soumise à son tour à la critique impitoyable des censeurs.

Le manuscrit conservé au carmel de Valladolid est le témoin de la version finale. Par chance Thérèse a numéroté les folios et nous pouvons donc constater qu’il en manque six : xx, lx, lxi, lxii, lxiii, cciiii (20, 60, 61, 62, 63, 204) ; d’autres ont été arrachés et remplacés lors des diverses réécritures suite au travail des différents censeurs : f° xvii, xix, xxxi-xxxii, lix, lxiiii-lxv (C’est-à-dire : CVall 4, 7 ; 4, 13 ; 7, 4-5 ; 15, 7 ; 16, 6-7).

II / De nouvelles censures

Nous pouvons distinguer la trace d’au moins quatre correcteurs et même les dater en fonction de l’apographe de Salamanque (cf. Schéma Généalogique, Camino, fiche II). Ce qui permet de dater la période de réélaboration du Ms de Valladolid. Thérèse commence sa réécriture en 1566/1567 et les ultimes retouches se font après 1571/1572. La censure se fit plus sévère ; peut-être en prévision d’une publication ?

Évoquons rapidement sept points importants notés par les censeurs :

  • Une phrase qui semble être une critique des guerres de religion organisées par Philippe II est rayée. Elle n’avait pas été censurée dans le manuscrit de l’Escurial (f° viiiv, CVall 3, 1).
  • Par trois fois, le censeur intervient sur le thème du pur amour. Thérèse doit réécrire une troisième fois la partie qui traite du pur amour spirituel, à cause d’un possible amalgame avec les Alumbrados (f° xix-xx, xxxiir, et cciv ; cf. CVall 4, 12-14 ; 7, 5 ; 42, 1). Le censeur, bien-veillant écrit dans la marge : « allez-y doucement et conformez vous à la remarque du chapitre… » Il fait allusion à une remarque qui, hélas, a aujourd’hui disparu.
  • La comparaison du jeu d’échec, jugé par certains comme immoral tant pour les joueurs que pour ceux qui le regardent [2] , est supprimée (f° lixv-lxiii, cf. CVall 15, 7 – 16, 5). À cet endroit, quatre pages du manuscrit ont été arrachées [3] .
  • Une allusion critique faite au sujet du démon est barrée : « Je me demande comment à cette seule parole, le démon ne reconnut pas clairement qui tu étais » (f° cxxiv-cxxii, CVall 27,4).
  • Le censeur biffe dix-huit lignes sur le thème de la présence de Dieu en l’âme (f° cixxxv-cxxx, CVall 28, 11).
  • Sur le thème de la justification, le censeur se montre pointilleux. Il raye quinze lignes à propos du “pardon gratuit de Dieuˮ, (f° clxxiv-clxxii, CVall 36, 2), puis il supprime six lignes qui affirment que Dieu nous pardonne seulement en considérant le Christ (f° clxxiiiiv, CVall 36, 6). Enfin, il supprime l’incise qui présente le pardon des injures comme « la plus agréable au Père » (f° clxxv, CVall 36, 7).
  • Quand Thérèse écrit : « Montrez-vous affables et comportez-vous de telle sorte avec les personnes qui vous fréquentent qu’au lieu de s’effrayer et de s’effaroucher de la vertu, elles s’attachent à votre fréquentation et se sentent attirées à partager votre manière de vivre et d’agir » (f° cciv, CVall 41, 7). Le censeur réagit en écrivant dans la marge : « Par cette doctrine, que [les religieuses] ne se mettent pas à prêcher à la grille, mais plutôt qu’elles se taisent, ce sera plus profitable pour elles. »

Notons, qu’avec un brin d’humour, lorsque Thérèse parle de l’apôtre Barthélemy comme « fils de Roi » (CVall 27, 6), Garcia de Toledo écrit dans la marge : « Où a-t-elle été chercher cela ? »

Le manuscrit connut une dernière censure postérieure à l’apographe de Salamanque. Ces dernières corrections montrent un grand souci d’orthodoxie tridentine. Elles insistent sur trois dimensions doctrinales : la mystique, la christologie et la sotériologie.

Par chance, malgré les surcharges des censeurs, le texte thérésien a pu être rétabli dans sa forme première [4] . Il est manifeste que les diverses censures ont amené Thérèse à affiner sa pensée, à la nuancer parfois, mais sans jamais altérer le message originel qu’elle voulait donner.

Un seul changement très significatif apparaît entre les deux manuscrits. Il porte sur la question des grâces mystiques accordées à un pécheur pour le conduire à la conversion (Comparer CEsc 25, 2 et CVall 16, 6, ainsi que CEsc 26, 1 et CVall 16, 8). Toutefois ce changement ne semble pas provenir de la censure mais de l’influence du Maître Jean d’Avila. [5]

Par ce long travail de reprise et de réélaboration du texte, cet écrit, qualifié de “literatura habladaˮ (littérature parlée), devient un vrai livre. Ainsi, Les Avis et Conseils (titre donné par Thérèse à la seconde rédaction) deviennent un traité de vie spirituelle : le Chemin de perfection.

III / La structure du texte (Cf. Schéma de la proposition de structure)

Nous l’avons déjà noté, la structure des manuscrits de l’Escurial et de Valladolid est identique, à l’exception bien sûr des numéros de chapitre. Nous suivrons ici la numérotation en 42 chapitres.

Rappelons que par deux fois, Thérèse affirme qu’elle écrit sans ordre :

  • « Ne sachant ce que je dois dire, il ne m’est pas possible d’y mettre de l’ordre » (CVall Prol. 2).
  • « Pour ne pas perdre de temps, je vais écrire sans ordre ce qui se présentera à mon esprit » (CVall 19, 1).

Toutefois nous pouvons discerner clairement le cheminement de sa pensée.

Dans le prologue, elle indique clairement l’origine du texte, les destinataires et le sujet.

Ces trois points seront repris en inclusion à la fin du chapitre 42 avec de légères modifications qui indiquent que l’auteur a été, d’une certaine manière, dépassée par son propos initial : elle devient destinataire avec ses sœurs : « à vous et à moi » (CVall 42, 5), et elle indique une nouvelle origine : l’inspiration divine : « Notre bon Maître nous instruit » (CVall 42, 6). Puis, dans les trois premiers chapitres, elle revient sur « les raisons qui l’ont fait établir le monastère » (CVall 1, 1) de San-José. Le but pour lequel le Seigneur les a réunis est le salut des âmes (cf. CVall 1, 4).

Au début du quatrième chapitre, Thérèse rappelle le précepte de la Règle : « Nous devons prier sans cesse » (CVall 4, 2). Mais avant d’annoncer son projet, elle précise : « Je vous demande de relire souvent avec une bonne volonté entière ce que j’ai dit jusqu’ici » (CVall 4, 3). Elle insiste donc sur les intentions de la réforme qu’elle a entreprise, mettant bien à part ces trois premiers chapitres.

Puis elle indique les deux grandes parties de son discours : « avant de parler de ce qui est intérieur, c’est-à-dire de l’oraison, je vous indiquerai certaines choses bien nécessaires aux âmes qui prétendent marcher dans ce chemin de l’oraison » (CVall 4, 3).

Dans la première partie (CVall 4-15), elle expose l’éthique d’une communauté chrétienne fondée sur trois vertus : amour fraternel, le détachement du créé et l’humilité. Ce sont les bases anthropologiques et spirituelles qui vont permettre à la communauté et à ses membres de devenir apostolique par le moyen d’une prière contemplative.

Elle développe longuement la question de l’amour fraternel (CVall 4-7) qui est enseigné dans l’oraison (cf. CVall 6, 3). Puis elle passe au détachement « car de sa perfection dépend tout le reste » (CVall 8, 1). Le détachement est vu dans sa double dimension extérieure (cf. CVall 8, 2) et intérieure (CVall 12, 4).

L’humilité ne sera pas développée pour elle-même, elle semble jaillir du détachement intérieur : « l’humilité et le détachement vont toujours de pair » (CVall 10, 3).

La seconde partie (CVall 16-42) s’ouvre avec le début de la présentation de l’oraison mentale et nous conduit jusqu’à la fin de l’ouvrage.

Nous sommes à un endroit charnière (CVall 16-18) où Thérèse commence à parler du sujet annoncé : l’oraison (CVall 16), mais où elle reprend la question de l’humilité (CVall 17). Nous retrouverons l’humilité comme un fruit de la vie d’oraison (CVall 38-39).

Quatre pages (f° 60-63) du manuscrit de Valladolid étant arrachées, les éditeurs complètent le chapitre 16 à partir du manuscrit de l’Escurial : « Je ne peux me persuader qu’il puisse y avoir de l’humilité sans amour et de l’amour sans humilité, ni que ces deux vertus puissent aller sans un grand détachement de toutes les choses créées » (CEsc 24, 21 ; CVall 16, 2).

Nous avons ainsi une inclusion avec le chapitre 4.

Au chapitre 16, elle pose les bases de son propos sur la pratique de ces trois vertus et indique le but à atteindre : la contemplation. Mais elle précise bien que Dieu seul peut l’accorder tant par l’oraison vocale que par l’oraison mentale. Dès le début, elle indique que “leˮ chemin, c’est le Christ Jésus lui-même : « Tout le mal vient de ce que nous ne tenons pas les yeux fixés sur toi. Si nous ne regardions que la voie, nous serions bien vite au but » (CVall 16, 11). Soulignons le très fort christocentrisme du traité thérésien.

Cet unique chemin se concrétise et s’actualise de diverses manières. Ce qui importe pour chacun, c’est d’être résolu d’y marcher. Thérèse nous demande « une résolution ferme et une détermination absolue, inébranlable » (CVall 21, 2). Elle annonce alors son propos : « J’ai cru bon de fonder sur le Pater un aperçu de l’oraison. De la sorte on ne pourra vous enlever vos livres, car si vous étudiez cette divine prière avec attention et humilité, vous n’aurez plus besoin d’autre chose » (CVall 21, 3).

Elle unit oraison vocale et oraison mentale et explique : « sachez-le, pour que l’oraison soit mentale ou vocale, la question n’est pas d’avoir la bouche ouverte ou fermée. Si, en proférant des paroles, je suis toute pénétrée de cette pensée, de cette vue que je parle à Dieu, si j’y donne plus d’attention qu’aux paroles que je prononce, je joins l’oraison mentale à l’oraison vocale » (CVall 22, 1).

Il s’agit donc de comprendre ce que nous disons : « Quand vous priez vocalement, que vous sachiez ce que vous dites. […] Quand je dis : Notre Père, l’amour exige que je comprenne quel est ce Père, quel est aussi le Maître qui nous a enseigné cette prière » (CVall 24, 2).

Après avoir précisé que nous pouvons par la prière du Notre Père recevoir le don de la contemplation (cf. CVall 25, 1), Thérèse nous invite à rechercher une compagnie : « quelle meilleure compagnie que celle du Maître qui nous a enseigné la prière que vous allez réciter ? » (CVall 26, 1). S’ouvre alors un chapitre central montrant que le cœur de l’oraison se trouve dans la relation d’amitié avec le Christ. Nous sommes invités à le contempler dans son Mystère pascal pour, d’une certaine manière, y participer. Une belle inclusion manifeste l’unité de ce chapitre : « Représentez-vous Notre Seigneur tout près de vous et voyez avec quel amour il vous instruit » (CVall 26, 1) // « Placez-vous donc auprès du Seigneur […] vous comprendrez l’amour que votre Maître vous porte » (CVall 26, 7).

Elle annonce alors le début du commentaire suivi des paroles du Notre Père : « Prenez bien garde aux paroles que prononce cette bouche divine ; dès la première… » (CVall 26, 7).

S’appuyant à la fois sur les demandes du Notre Père et usant de quelques digressions qui renvoient au concret de la vie, Thérèse présente divers types d’oraison : recueillement (CVall 27-29), quiétude (CVall 30-31) et union (CVall 32).

Avec le début de la prière, elle présente le recueillement comme une invitation à rentrer en soi-même pour y trouver Celui qui y demeure. La Madre conclut : « Il dépend de soi de ne jamais s’éloigner d’une si excellente compagnie » (CVall 29, 7). Avec des deux demandes de la sanctification du nom et de la venue du Règne, elle nous montre ce qu’est l’oraison de quiétude, un moment de repos dans les fatigues du voyage, un gage du Royaume, un don qu’il ne faut pas confondre avec l’oraison d’union.

Le commentaire de la phrase “que ta volonté soir faiteˮ, nous introduit dans le commencement de l’oraison d’union. Une formule de Thérèse nous montre que nous sommes ici au cœur de son message : « Comme tous mes conseils dans ce livre ne tendent qu’à ce but : nous donner totalement au Créateur, soumettre notre volonté à la sienne, nous détacher des créatures, et que vous devez en avoir compris la grande importance, je n’en dirai pas davantage » (CVall 32,9). Nous voici dans l’union de volonté : « Voilà la contemplation parfaite dont vous m’aviez priée de vous parler. Comme je l’ai déjà dit, nous n’y contribuons en rien. Ici plus d’effort, plus de savoir faire de notre part : il ne faut plus que dire : “Que ta volonté soit faiteˮ » (CVall 32, 10).

Il s’agit d’un don qui survient et qui produit l’humilité.

Au chapitre 37, Thérèse écrit : « À présent Notre Seigneur commence à nous faire comprendre les effets que produisent ces faveurs quand elles viennent de lui » et elle ajoute « c’est ce que vous avez déjà vu » (CVall 37, 1). Ceci nous indique que les fruits de l’oraison d’union ont déjà été évoqués par elle.

Elle précise plus loin : « les deux demandes qui concernent l’une le don de notre volonté à Dieu, l’autre le pardon des injures, nous concernent tous indistinctement » (CVall 37, 3). C’est donc bien à partir du chapitre 32 qui commente « que ta volonté soit faite » que commencent l’exposition des fruits produits par les faveurs divines.

Elle précise : « néanmoins il est bon d’être sur nos gardes, de peur que notre ennemi ne fasse brèche à notre humilité et ne nous inspire quelque vaine gloire » (CVall 38, 4).

Il nous faut nous méfier de la fausse humilité, mettre notre confiance en Dieu et en sa miséricorde. Thérèse nous invite à rendre compte à un accompagnateur des grâces reçues pour que nous soyons éclairer par une parole extérieure et ecclésiale (CVall 39, 5).

Dieu nous donne un excellent moyen : « l’amour et la crainte. L’amour nous fera hâter notre marche ; la crainte nous fera regarder où nous posons le pied… » (CVall 40, 1). Thérèse précise : « avec ces deux appuis nous pouvons marcher par ce chemin en paix et en repos » (CVall 41, 9). Elle achève son commentaire du Notre Père au chapitre 42 avec la demande “mais libère-nous du malˮ. Elle achève par ses mots : « Que toujours sa volonté soit faite en moi ! Amen » (CVall 42, 4).

Vient alors la conclusion : « Et maintenant, admirez mes sœurs… » (CVall 42, 5).

Dans les trois paragraphes qui suivent, Thérèse fait une inclusion avec le prologue et achève par une prière doxologique : « Louange et bénédiction au souverain Maître de qui nous vient tout ce qu’il y a de bon dans nos paroles, nos pensées et nos œuvres ! Amen » (CVall 42, 7).

Notons que pour un texte annoncé sans ordre précis, le résultat final manifeste la clarté d’une pensée soutenue par l’expérience et par la grâce qui garde une pertinence et une actualité étonnantes pour nous aujourd’hui.

[1Nos citations et références sont extraites de : Thérèse d’Avila, Œuvres Complètes, Ed. du Cerf, 1995, tome I et II. Pour le Ms de l’Escurial, nous utilisons la traduction de Jeannine Poitrey, Ed. du Cerf, 1981. Pour les citations du Manuscrit de Valladolid, nous utilisons la numérotation des Éditions du Cerf qui suit la numérotation du Manuscrit de Tolède.

[2En 1556, à Séville, le dominicain Domingo de Valtanás, publie une Apología de los juegos, (Apologie des jeux), dans laquelle il dénonce les échecs comme immoraux, non seulement pour ceux qui y jouent mais également pour ceux qui regardent et sont présents au jeu.

[3Dans son travail de réécriture, Thérèse passe alors du chapitre 16 (15, selon notre numérotation qui suit le Manuscrit de Tolède) au chapitre 18 (16). Elle supprime ainsi tout le chapitre 17. Dans les diverses éditions espagnoles et françaises, le début du chapitre 18 (16) est reconstitué à partir du Manuscrit de l’Escurial (chap. 24).

[4Les deux versions, indiquées à la note 1, nous restituent le texte original de la Madre.

[5Dans une lettre du 21 septembre 1568, où il approuvait le Livre de la vie, le Maître Jean d’Avila indique : « Il ne faut pas non plus s’épouvanter et condamner précipitamment ces dons, parce qu’on s’aperçoit de l’imperfection chez la personne qui en est favorisée. Ce n’est pas chose étrangère à la bonté de Dieu de faire d’un pécheur un juste, et même de tirer de grands biens de péchés graves en accordant à des pécheurs de très suaves délices ; j’en ai vu des exemples. Qui posera des bornes à la bonté du Seigneur ? » (Cité in Œuvres complètes de sainte Thérèse de Jésus, par les Carmélites du premier monastère de Paris, 1907, tome 2, p. 161)

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