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I - La vie d’Élie : une présence à Dieu

Toute la vie d’Élie baigne dans la prière, aussi l’épître de saint Jacques propose-t-elle Élie comme modèle des priants (Jc 5, 17-18). Plusieurs auteurs spirituels des IVe-Ve siècles ont évoqué le sacrifice d’Élie au Mont Carmel pour exprimer la venue de l’Esprit dans le cœur de celui qui cherche à vivre dans la prière continuelle à travers l’ascèse et le combat spirituel. L’attitude du prophète, assis sur la montagne (2R 1, 9) ou prosterné, la tête entre les genoux (1R 18, 42), reflète une vie de prière, centrée en Dieu, dans le calme intérieur, au-dessus des passions et des soucis du monde.

A l’Horeb, après une longue marche de quarante jours et quarante nuits, avec pour seule nourriture le pain et l’eau apportés par un ange, Élie rencontre Dieu, dans le silence, expérience à laquelle aspire tout chercheur de la Face divine. La familiarité d’Élie avec Dieu, sa puissance sur l’eau et le feu, la vie et la mort, témoignent de la profonde intimité avec le Dieu vivant devant lequel il se tient. L’ascension du prophète dans un char de feu est une image de la montée spirituelle vers Dieu.

Sur la montagne de la Transfiguration, devant les apôtres Pierre, Jacques et Jean, Élie apparaît avec Moïse dans la lumière glorieuse du Christ.

A l’instar du prophète, la vocation du Carmel est de se tenir en présence du Dieu vivant, c’est-à-dire veiller dans une prière continuelle, silence et dialogue d’amour, contemplation du Dieu vivant et intercession pour le monde.

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II - Zèle apostolique

A deux reprises, le Seigneur demande à Élie ce qu’il fait à l’Horeb et celui-ci proclame à chaque fois son zèle brûlant pour le Seigneur. Le prophète souffre de voir son peuple honorer de faux dieux et veut le ramener vers le vrai Dieu. La rencontre de Dieu à l’Horeb ne s’arrête pas à une jouissance théophanique : Élie est envoyé oindre les rois et le prophète Élisée.

Le Carmel, héritier du zèle d’Élie, en reçoit une flamme œcuménique et missionnaire. C’est le cœur broyé devant la division des chrétiens, qu’au XVIe siècle, sainte Thérèse d’Avila a entrepris la réforme du Carmel ; à notre époque, c’est ce même élan missionnaire qui rayonne à travers le récit d’une carmélite de Nancy qui partit au Carmel de Tchung King en Chine en 1933, puis expulsée, revint en France et y fonda, en 1974, un Carmel consacré à la prière pour l’Unité des chrétiens et qu’elle plaça précisément sous la protection du prophète Élie qui rassemble dans son culte juifs, chrétiens et musulmans (cf. Mère Élisabeth. Partir, Monastère Saint Élie, Saint Rémy, 1998).

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III - Solitude et paternité spirituelle

A travers la figure d’Élie, le Carmel a reçu deux notes caractéristiques : le goût de la solitude, du silence où Dieu parle au cœur et le sens de la paternité spirituelle.

Ainsi le commentaire de l’épisode d’Élie au torrent du Kérith par l’auteur de l’Institution des premiers moines au Moyen-Age a exercé une profonde influence au Carmel : sur l’ordre de Dieu, Élie fuit au désert pour vivre caché dans la solitude et la charité avec un double but : « offrir à Dieu un cœur pur (…) et expérimenter la force de la divine présence et la douceur de la gloire d’en-haut ».

Les premiers textes carmélitains, à la suite de la Bible et des Pères de l’Église, évoquent conjointement Élie et son disciple Élisée qu’il a appelé à le suivre (1R 19, 19-21) et à qui il lègue son manteau avec son double esprit au moment de son enlèvement (2R 2,13). Les premières constitutions des carmes font remonter les origines de l’Ordre « aux prophètes Élie et Élisée, dévots habitants du Mont Carmel ».

La liturgie carmélitaine fête les deux prophètes aux mêmes dates que le calendrier byzantin : Élie, le 20 juillet et Élisée, le 14 juin.

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Bibliographie

  • Élie le prophète, Études Carmélitaines, Paris, 1956, 2 vol.
  • Le saint prophète Élie d’après les Pères de l’Église, Bellefontaine, 1992.
  • Sr Éliane, Élie archétype du moine, Bellefontaine, 1995.

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