Textes liturgiques (année A) : Is 60, 1-6 ; Ps 71 (72) ; Ep 3, 2-3a.5-6 ; Mt 2, 1-12

Cette fête de l’Épiphanie est notre fête : fête de tous ceux et celles qui se savent encore en chemin vers Dieu, dans le sens où nous sommes toujours appelés à nous convertir, à nous laisser toujours évangéliser. Quelle sera cette étoile qui guidera notre route tout au long de cette nouvelle année 2020  ? Quels seront les moyens offerts et que nous choisirons pour renouveler les mots de notre foi, dynamiser notre vie spirituelle et fortifier notre apostolat ? C’est la période des vœux, alors osons exprimer des souhaits pour notre vie chrétienne. Nous aimons offrir des vœux de bonne année et de bonne santé, mais pensons-nous exprimer des vœux de bonne vie de la foi pour ceux que nous rencontrons et pour nous-mêmes ? Allons-nous accepter de nous mettre en route et de passer par la crèche, il n’est pas trop tard. Là Dieu nous attend, tous et chacun, avec ce que nous sommes et ce que nous savons. Marie et Joseph nous montrent le Sauveur, l’Emmanuel, Dieu avec nous. Nous croyons Le connaître, mais combien notre connaissance reste partielle, fragmentée, limitée. Nous avons besoin de mots nouveaux pour poursuivre la belle aventure de la foi en se renouvelant.

C’est à un détour que la liturgie de ce dimanche nous invite. Allons-nous être assez libres et confiants pour oser sortir de nos habitudes, et notamment faire l’expérience d’une expression de foi qui demande à être renouvelée, revigorée, dynamisée. Quitter les eaux trop usées d’une foi marquée par l’histoire, la routine, les hésitations ou les peurs pour emprunter à la suite des Mages une route nouvelle en cherchant Celui qui est né à Bethléem. « Dieu vient renaître en nous », ce fut le message de ces 4 semaines de l’Avent, mais comment sommes-nous entrés dans cet espace où Dieu en son Fils Jésus vient nous rencontrer personnellement et nous inviter à renouveler notre foi ? Entrons dans ce que les Écritures de ce jour nous offrent en cette fête de l’Épiphanie.

Avons-nous entendu la promesse du prophète Isaïe qui nous présente cette ville Jérusalem transfigurée ? Le prophète la voit et nous la donne à voir qui surgit au-delà de l’horizon sombre de l’histoire. La petite fleur de l’espérance doit aussi nous visiter, nous rejoindre, encore plus lorsque des signes nous montrent des risques de fissures au sein même de la société et de l’Église. C’est à ce regard neuf que nous sommes invités. Il ne s’agit pas de chasser de notre vie le réel du quotidien, mais laisser toujours devant nous un espace pour que cette fragile espérance se développe, même au cœur des bouleversements que nous rencontrons. Dieu ne peut oublier son peuple. Cette Jérusalem transfigurée doit nous habiter. C’est l’image de notre vie qui est appelée à se renouveler sans cesse.

« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? ». Pour les Mages tout commence par une question. Quelle est notre question aujourd’hui ? Y a-t-il encore en nous un questionnement ? L’habitude risque toujours de s’installer dans notre vie de foi. Laissons au mystère de la foi l’occasion d’un pas nouveau. « Il est grand le mystère de la foi ». Oui, mais ne nous trompons pas : redire cette expression c’est affirmer que plus nous avançons sur le chemin de la foi, plus nous découvrons que nous avons encore des découvertes à faire. La foi ne sera jamais une somme de connaissances, aussi nécessaires soient-elles, mais un cheminement, un vivre avec…Dieu qui nous invite à un déplacement permanent comme les Mages qui ont quitté leur pays et se laissent guidés par une étoile. Quelle étoile va éveiller en nous ce désir de rechercher Celui qui est né à Bethléem, que les bergers ont connu et qui est l’objet de cette visite des Mages ?

Et c’est l’apôtre Paul, dans sa lettre aux Ephésiens, qui nous propose une perspective nouvelle : nous sommes invités à un élargissement de la foi. Croire que cette Bonne Nouvelle du salut est pour tous. Avons-nous gardé au cœur de notre foi cette certitude que Dieu en son Fils Jésus vient à la rencontre de tous. Qu’ils soient éloignés de la vie chrétienne ou assidus à l’enseignement de l’Eglise, tout être humain est visité par la Bonne Nouvelle de Noël. Ne devenons pas des juges ou des censeurs qui vérifieraient l’authenticité de la foi de nos proches et des autres, de nous-mêmes parfois. Qui sommes-nous pour être juges des autres et de nous ? Soyons d’abord et surtout des messagers joyeux comme les bergers et ces savants étrangers rencontrés aujourd’hui dans l’Évangile. Ils nous prennent par la main et nous montrent le chemin de la crèche.

De l’or, de l’encens ou de la myrrhe, nous n’en possédons guère. Mais qu’allons-nous offrir à l’Enfant-Dieu et à ses parents ? Un peu de temps pour laisser cette image de l’étable de Bethléem s’imprimer en nous ? Un peu de liberté pour oser être enfin celui ou celle que je suis appelé à devenir ? Un désir de nourrir notre vie chrétienne ? Quel appel, quel message viennent nous rejoindre et ouvrir en nous un espace nouveau ? Ne croyez-vous pas que cette année qui commence porte en elle l’occasion d’un nouveau rendez-vous avec Dieu qui nous parle en son Fils Jésus et nous pousse à agir par la grâce de l’Esprit-Saint ? Mais attention. S’arrêter à la crèche, c’est ouvrir la perspective de repartir par un autre chemin comme les Mages après leur visite. « Avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. ». En sommes-nous prêts ? Si oui, alors l’aventure chrétienne va commencer ou se renouveler. Le voulons-nous ? A chacun de répondre aujourd’hui ou demain, ou plus tard. Mais Dieu attend une réponse. Comment allons-nous accueillir Jésus, fils de Dieu que Marie présente à ceux qui se déplacent pour le visiter ? Qu’allons-nous répondre ?

Fr. Didier-Joseph, ocd - (couvent d’Avon)