Textes liturgiques : Ac 2, 14a.36-41 ; Ps 22 (23) ; 1 P 2, 20b-25 ; Jn 10, 1-10

Cet évangile où Jésus se présente comme le Bon Berger veillant sur ses brebis, nous est donné aujourd’hui, en ce 4e dimanche du Temps Pascal. Et il est particulièrement adapté à cette journée, car elle correspond à la journée mondiale de prière pour les vocations. Dans son message pour cette 57e journée ainsi définie, le pape François nous a donné 3 mots clés, que je mets volontiers en lien avec l’évangile du Bon Berger :

Souffrance

La vie et le ministère des prêtres et des consacrés connait actuellement des difficultés. Et le pape indique que ce temps de souffrance peut être repris et adressé pour tout le peuple des laïcs (comme les 3 mots-clés suivants). Difficulté de ce temps confiné, où les brebis se trouvent tout à la fois ensemble dans l’enclos du Père – l’Eglise –, et confinées chacune chez elle, isolées. Difficulté aussi, car la vie d’un troupeau de brebis n’est pas de tout repos. Face au danger, une brebis est un animal qui ne court pas aussi vite qu’un cheval, qui n’a pas les cornes d’un bouc pour se défendre ou les griffes d’un chat pour dissuader. C’est un animal si vulnérable qu’il ne subsiste à l’état sauvage que dans des endroits dépourvus de prédateurs (habituellement des îles). Pourquoi, dès lors, Jésus compare-t-il les enfants de Dieu à un troupeau de brebis ? Peut-être pour souligner combien ils sont doux et humbles, à son image, rejoignant en cela la non-agressivité caractéristique des brebis.

Gratitude

Le Seigneur conduit ses brebis, il prend les devants et leur indique lui-même la direction à suivre ; il est à la fois « la porte » pour accéder à « la vie en abondance », et la vie en abondance elle-même. Jésus pose une affirmation très claire : Il est « LE Berger, le Beau, le Bon » - il n’y en a pas d’autre –, et la vie qu’il donne à ses brebis est une vie surabondante, une vie foisonnante. Gratitude aussi car il connaît chaque brebis par son nom, c’est-à-dire qu’il connaît l’identité propre et profonde de chacune d’elles. Le « voleur » « qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte », lui, ne voit dans les brebis que son intérêt à lui ; il ne les connaît pas et ne se soucie pas de les connaître. Sur ce point, Jésus opère une distinction nette entre aimer une brebis comme un Berger prêt à donner sa vie pour elle, et aimer une brebis comme un loup voyant en elle de quoi satisfaire son appétit. C’est pourquoi les pharisiens – à qui Jésus s’adresse ici, leur affirmant implicitement qu’ils ne se conduisent pas comme de vrais bergers d’Israël – ne comprennent « pas de quoi Il leur parlait » …

Courage

Courage ! Il en faut pour se mettre en route à la suite du Berger, une fois qu’il a appelé, que ce soit un appel à la vie consacrée ou un appel au mariage. Il faut quitter la sécurité de l’enclos pour braver ce que le pape appelle « le fantôme de l’incrédulité », car toute vocation demande de croire. Croire en la personne que l’on s’apprête à épouser, croire dans la vie et le ministère consacrés en vue de contribuer à édifier le Royaume de Dieu, croire en la Présence et l’aide du Bon Berger se tenant là, au plus près de chacune de ses brebis appelées. Ce « fantôme de l’incrédulité » peut être le résultat d’une certaine fatigue, ou d’un découragement intérieur. C’est bien le moment de faire preuve de courage, en se rappelant que toute vocation – y compris celle du mariage – nécessite un engagement qui n’est pas toujours reposant.

Louange

« C’est la dernière parole de la vocation », écrit François, avant de poursuivre avec des accents carmélitains, le pape lançant à tous « l’invitation à cultiver le comportement intérieur de la sainte Vierge Marie : reconnaissante pour le regard de Dieu qui s’est posé sur elle, confiant dans la foi ses peurs et ses troubles, embrassant avec courage l’appel, elle a fait de sa vie un éternel chant de louange au Seigneur ». ‘‘Cultiver le comportement intérieur de la sainte Vierge Marie’’ : c’est bien là une invitation lancée par le Père Général Saviero Cannistrà à Fatima, en septembre 2017. C’est une invitation à partager une vie fraternelle, une vie ecclésiale, reflétant une image de Marie, et plus exactement une image de la force édifiante qui était celle de Marie, et qui rassemble toute une communauté autour de son Fils.

Aujourd’hui, les jeunes qui se posent la question de la vie consacrée ou de la vie conjugale, peuvent rendre gloire à Dieu qui leur donne un tel Berger ! Grâce à lui, grâce à leur foi, grâce à leur propre travail, ils pourront être pleinement à leur place, là où Jésus les conduira.

Fr. Cyril Robert, ocd - (couvent de Paris)