C’est Lui qui t’appelle… (Ho.4e dim. Pâques 21/04/2024)

donnée au couvent d’Avon

Textes liturgiques (année B) : Ac 3, 13-15.17-19 ; Ps 4, 2, 4.7, 9 ; 1 Jn 2, 1-5a ; Lc 24, 35-48

Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis. C’est ainsi que Jésus s’identifie dans l’Évangile de ce dimanche. Autant les adjectifs « bon » et « vrai » ne posent aucun problème de compréhension ou de réception, autant on peut s’interroger aujourd’hui sur la pertinence des deux autres termes : pasteur et berger. A l’époque de Jésus, les mots pasteur ou berger étaient immédiatement compris. Aujourd’hui, ces images ne parlent plus directement à nos contemporains, elles renvoient à un passé lointain ! Quant à l’image de la brebis, elle pose encore plus problème, car les gens aujourd’hui se veulent responsables, une brebis par définition ne l’est pas ! Ces images ne sont donc peut-être pas les meilleures pour une bonne compréhension de beaucoup de nos contemporains. Mais, ce sont des images qui appartiennent à la culture chrétienne. Elles sont dans l’Évangile, dans la Parole de Dieu, nous ne les avons pas inventées, elles font partie de notre patrimoine spirituel, patrimoine que nous avons à transmettre aux générations à venir. Elles sont importantes parce qu’elles nous parlent de l’identité et de l’œuvre de notre Dieu. Un pasteur, un berger, c’est un protecteur, un guide, un père aimant, et pas un dictateur, un exploiteur, un profiteur, un mercenaire, comme dit Jésus dans l’Évangile, quelqu’un qui ne prend pas soin de ceux qui sous sa responsabilité. L’image du bon pasteur renvoie à cette qualité d’être que Dieu seul possède pleinement, être l’amour, rien que l’amour, amour que l’on reconnaît entre mille, mes brebis me connaissent ! Notre Dieu s’est fait homme pour mieux communiquer avec les hommes et leur apporter la parole de vie, le salut.

Pierre, à la fin de la 1e lecture le dit clairement : En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. Pour nous obtenir le salut, il est passé par ce que l’on appelle le mystère pascal : … je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau (…) J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau … Ces paroles, extraites de l’Évangile, veulent dire que Jésus a accepté de mourir sur une croix, pour ressusciter le troisième jour. Or, ce Dieu, bon pasteur, vrai berger, nous appelle ! Il nous appelle tous ! Oui, nous sommes tous appelés à être sauvés, à recevoir son amour, pécheurs ou saints que nous sommes ! Nous, que la seconde lecture (1Jn 3) désigne sous le terme d’enfants de Dieu : Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfant de Dieu – et nous le sommes. Il nous appelle à être collaborateurs de son œuvre, puisque nous sommes de sa famille, c’est cela notre première vocation, celle d’être des baptisés d’eau et d’Esprit Saint. C’est aujourd’hui la journée mondiale de prière pour les vocations. Parmi nous, il en est qui sont appelés à être totalement disponibles à l’œuvre de Dieu, ce sont tous ceux et celles qui choisissent, après avoir entendu un appel de Dieu, de le servir dans la vie religieuse, la vie consacrée ou le service presbytéral. La vie consacrée est riche de la diversité d’engagements à la suite du Christ. La diversité, notre Dieu l’aime, c’est ainsi que l’on comprend ces paroles de notre Évangile : J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Une diversité qui constitue un seul troupeau sous la protection d’un seul pasteur. Aujourd’hui, nous le constatons, dans toute l’Eglise de France, et dans les pays d’Europe, nous traversons une période de sécheresse dans ce domaine, les vocations religieuses et sacerdotales se font rares, nous constatons aussi une crise du couple, du mariage, tout se tient, ou ne se tient plus, nous sommes dans la même barque ! Plutôt que de le déplorer, soyons dans la vérité et restons fidèles à nos engagements, la fidélité est source de fécondité, de créativité, la fidélité est comme un phare, une lumière dans la société déboussolée dans laquelle nous vivons, dont nous sommes contemporains. Dans le message pour cette journée mondiale de prière pour les vocations, le pape François écrit : « Nombreux sont les charismes et nous sommes appelés à nous écouter réciproquement et à marcher ensemble pour les découvrir et pour discerner en quoi l’Esprit nous appelle pour le bien de tous ». Prions donc pour cette « écoute réciproque », ce « marcher ensemble ». Ne soyons pas étroits d’esprit, pour qu’une liberté humaine découvre son chemin, elle a besoin d’être éclairée et stimulée, c’est le rôle de l’Esprit Saint. Prions pour toutes les vocations dans l’Eglise du Christ, en partant du fondement, la vocation baptismale, la croissance actuelle du nombre des catéchumènes adultes nous y encourage ! Oui, soyons fidèles, croyons que Dieu fera le reste ! C’est Lui qui appelle…

Fr. Robert Arcas - (Couvent d’Avon)

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