Textes liturgiques (année C) : Ex 3, 1-8a.10.13-15 ; Ps 102 (103) ; 1 Co 10, 1-6.10-12 ; Lc 13, 1-9
Jésus vient nous révéler un Dieu qui n’est pas justicier mais un Dieu qui bien sûr aime la justice et qui donc aime les justes. Jésus nous révèle un Dieu miséricordieux qui reste toujours prêt à accueillir celui qui revient vers lui. Il révèle un Dieu qui ne condamne pas mais laisse à chacun la grâce et le temps de se convertir. Pour nous montrer que nous avons trop vite tendance à condamner, à interpréter tel ou tel évènement comme un jugement mérité de Dieu, Jésus rappelle l’affaire des Galiléens, que Pilate avait massacrés. Comme ils étaient très opposés au pouvoir romain, les plus prompts à la révolte, Pilate les redoutait, toujours prêt à faire intervenir la légion romaine. Les Galiléens étaient également méprisés par les judéens qui les considéraient comme des pécheurs. Quand Philippe annonce à Nathanaël que Jésus le nazaréen était celui qu’annonçaient les Écritures, Nathanaël de répondre : ‘De Nazareth ! Peut-il sortir de là quelque chose de bon ?’ Jn 1, 45. Jésus veut montrer justement qu’il ne faut pas voir dans ce massacre des Galiléens une pénitence affligée par Dieu. Ceux-ci sont au contraire victimes de la violence humaine, celle de Pilate et de son pouvoir inflexible.
Même faux jugement à l’égard de ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé. Elles aussi sont victimes non parce qu’elles étaient plus coupables que d’autres mais victimes sans doute d’une construction défectueuse ou d’un séisme inattendu. Jésus veut nous éclairer, nous aider à ne pas trop vite condamner… à ne pas condamner du tout ! Pourquoi porter aussitôt un jugement négatif sur des personnes qui justement sont victimes ou de la violence, de l’injustice humaine ou encore victime de catastrophe naturelle ? Seul Dieu est notre juge. Le Christ nous appelle au contraire à croire en l’homme, à espérer toujours sa conversion, son retournement vers le bien, vers la justice, la paix… vers Dieu. Il faut pour cela ne jamais enfermer ceux qui nous apparaissent condamnables et qui ne le sont peut-être pas ! Ils pourront manifester une autre fois un comportement qui les révèlera justes. Jésus évoque pour cela la comparaison de cet homme et de son figuier qui ne porte aucun fruit. Alors qu’il est prêt à le couper, il accepte la demande de son vigneron qui, lui, espère encore qu’il portera des fruits s’il le nourrit de fumier. Nous découvrons là l’espérance considérable que Dieu a pour tous, même pour ceux qui peuvent nous sembler éloignés de Dieu, condamnable ! Oui, Dieu demeure toujours présent à nos côtés sans faire de différence, toujours prêts à accueillir celui qui se reprend, qui revient à lui. Le premier à rejoindre Jésus au ciel est ce malfaiteur repenti, crucifié avec lui.
Dieu attend ce retournement, cette conversion de chacun d’entre nous. Il nous appelle à le suivre, à nous remettre entre ses mains. Croyons qu’il prendra soin de chacun, qu’il nous conduira, nous apportera son aide, son soutien comme fait le vigneron pour sauver son figuier. ‘En effet le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu’. Lc 19, 10. Soyons certain que le Seigneur nous aidera à nous libérer de toute attache, de toute forme d’emprisonnement dès que nous nous remettons entre ses mains. Il nous conduira comme il a conduit son peuple en terre promise. Comme il les a fait traverser la mer rouge, Il nous aidera, nous aussi, à tenir bon malgré les épreuves que nous rencontrerons. Il accompagnera bien sûr tous ces jeunes qui ont été victimes d’adultes et que nous lui confions. A nous de savoir demeurer unis à Dieu et pour qu’il nous soutienne à tout moment et pour avoir la joie de partager avec lui notre vie de tous les jours, de tous les instants.
Même s’il nous semble à nous aussi que nous traversons des temps de désert où Dieu peut sembler absent, croyons au contraire qu’il demeure constamment proche de chacun d’entre nous. C’est lui le rocher sur lequel nous devons nous appuyer, la source à laquelle nous pouvons nous abreuver. ‘Il réclame ta vie à la tombe et te couronne d’amour et de tendresse’ nous dit le psaume 102, 4. Aussi, habités par la confiance, demandons-lui qu’il augmente en nous la foi pour qu’avec lui nous prenions le chemin de la vie éternelle et que nous le laissions nous conduire vers la terre promise, la vie en plénitude.
