Textes liturgiques (année A) : Ac 6, 1-7 ; Ps 32 (33) ; 1 P 2, 4-9 ; Jn 14, 1-12
Parler de la Trinité ce n’est pas parler des petits oiseaux, c’est parler de notre éternelle naissance en Dieu, de notre éternelle joie en Dieu, de notre vocation profonde d’enfants de Dieu, dès maintenant. C’est parler d’une relation d’Amour qui préside à notre création. Puisque l’Amour est, qu’il est expansif, Dieu ne désir qu’une chose, c’est que nous puissions participer à cet Amour, dès maintenant. C’est pour cela qu’il nous a créés, pour nous partager sa vie en plénitude. Nous sommes de par notre baptême enfants de Dieu. C’est aussi une invitation à se laisser évangéliser par cette révélation de Dieu qui est Amour, à évangéliser cette notion que nous employons à tort et à travers. En contemplant Jésus au temps de son baptême dans le Jourdain, nous découvrons que l’amour se fait capacité à recevoir la vie qui vient du Tout-Autre, du Père, à lui laisser toute la place, à se faire pauvre pour qu’Il envahisse tout l’être. En contemplant Jésus sur la croix, nous nous apercevons que l’amour est total don de soi, qu’il va au-delà de la sensibilité et des émotions. Cela une maman le vit de façon particulière. C’est aussi la grâce du couple chrétien, sa vocation, que d’ouvrir ce chemin. Dieu est, il est infini, dans l’au-delà, plus loin que l’horizon. Depuis le début de la religion juive, et surtout en Jésus Christ, il se fait proche de chacun de nous, étonnamment proche. En Jésus, Dieu s’est penché sur nous et a assumé notre humanité jusque sur la croix. Là il a participé à nos souffrances, là la mort a été vaincue. Il est ressuscité, il nous est éternellement présent. Dès maintenant il nous accompagne. Le chemin initié avec les apôtres continue pour nous en compagnie du Vivant pour que nous devenions nous aussi des vivant, que nous participions de sa vie, qui est celle de l’Esprit Saint.
Ce qui rend cette présence de Dieu si proche de nous, c’est l’Esprit qui a été répandu en notre cœur, en notre esprit par la mort de Jésus sur la croix. Là, Jésus nous fait part de son intime, de l’Esprit Saint, communion d’Amour avec le Père. Là, l’Esprit se propose à notre humanité bornée, vient frapper à la porte de notre cœur étroit et à notre esprit limité. Il y a une renaissance à vivre de façon progressive dans la foi. Il y a à accueillir l’Esprit Saint en ouvrant la porte de notre cœur et de notre esprit aux dimensions de Dieu, à l’infini. C’est vivre de la vie de Dieu autant que la créature peut le vivre, autant que le désir nous y porte. Il y a à accueillir le Dieu vivant en nous par son Esprit. C’est pour cela que nous sommes faits. Notre esprit, notre cœur sont invités à s’ouvrir aux dimensions de l’Esprit Saint, à se laisser conduire par Lui de sorte qu’entre Dieu et nous, il n’y ait plus qu’une même volonté d’aimer, d’agir. Union de notre petite volonté à l’Amour. Dieu est Trinité, cela paraît compliqué à imaginer, cela paraît compliqué pour prier. A qui faut-il s’adresser, au Père, à Jésus, à l’Esprit ? Jésus nous simplifie la vie en Mt 6 : « quand tu veux prier, entre dans ta chambre, ferme sur toi la porte et adresse-toi au Père qui est là dans le secret, là le Père te le rendra… quand tu pries, dis : Notre Père qui est aux Cieux… » C’est dans la Passion et par la Passion de Jésus que nous avons l’accès ouvert au Père, gratuitement, puisque l’Amour n’a d’autre raison d’être que d’aimer ; qu’il est gratuit, don (gratuit) de cœurs qui se rencontrent. Lorsque nous sommes touchés de cet Amour-là, tout se simplifie, malgré nos petitesses. Et pour ceux ou celles qui ont été blessés par un père défectueux et que ce nom est difficile à prononcer, il y a possibilité d’accéder à la vie de Dieu par le cœur de Jésus toujours ouvert. Dieu est simple puisqu’il est Un. Dieu est proche en Jésus. Dieu est présent à notre intime par l’Esprit. Ne compliquons notre aventure avec Lui.
