Origine du Manuscrit A

Un soir d’hiver, alors que les quatre sœurs Martin sont réunies au chauffoir, l’unique pièce chauffée du monastère, Thérèse évoque des souvenirs d’enfance. Sœur Marie du Sacré Cœur suggère alors à Mère Agnès, Prieure à ce moment là, de demander à Thérèse une rédaction de ses souvenirs. Mère Agnès accepte et lui commande ce récit pour le jour de sa fête, le 20 janvier 1896.

Après avoir craint que cela ne la conduise à trop s’occuper d’elle-même, Thérèse comprend que ce peut être une invitation providentielle à « chanter les miséricordes du Seigneur ». Elle n’a alors que vingt deux ans, mais après sept années de vie passées au Carmel, elle peut déjà prendre avec émerveillement toute la mesure du chemin parcouru. En cette même année 1895, ce sentiment de gratitude débordante la portera à s’offrir toute entière à l’Amour miséricordieux.

Le 20 janvier 1896, Thérèse dépose en silence son premier manuscrit devant sa Prieure. Cela se passa au chœur avant que ne commence l’heure de prière silencieuse et Thérèse ne sollicitera aucune réaction sur ce travail dont Mère Agnès ne lui reparlera pas.