Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus 2008

Ste Thérèse et sa Famille

Pour découvrir ou approfondir la spiritualité de Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus : visitez notre rubrique Sainte Thérèse de Lisieux

Nous connaissons tous la réflexion de Sainte Thérèse au sujet de ses parents dans une lettre adressée à l’abbé Bellière : « Le bon Dieu m’a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que (de) la terre, ils demandèrent au Seigneur de leur donner beaucoup d’enfants et de les prendre pour Lui ». Cette réflexion ne signifie pas que les parents Martin n’avaient la tête qu’au ciel, ou n’auraient pas les pieds sur terre. Elle y dit son admiration pour son père et sa mère, profondément chrétiens et qui ont vécu dans la foi les événements joyeux comme les événements dramatiques de leurs vies. C’est ainsi qu’ils ont éduqué leurs enfants plus par l’exemple que par de longs discours.

Et on peut même dire que l’éducation reçue dans sa famille à préparer Sainte Thérèse de l’enfant Jésus à la découverte de sa petite voix d’enfance spirituelle. Nous savons l’importance des premières années pour la formation de la personnalité, et Thérèse a pu puiser dans sa famille des éléments fondateurs qui lui serviront tout au long de sa vie. Comment ne pas faire le lien entre sa petite voie de confiance et d’amour et la vie familiale chez les Martin. En effet, dans cette famille profondément chrétienne, la petite Thérèse a pu découvrir en famille ce qu’était l’amour véritable, et apprendre à tenir dans l’espérance à travers les épreuves de la vie. C’est dans le terreau familial que Thérèse à plonger ses racines pour donner les beaux fruits d’amour et de confiance que nous admirons aujourd’hui. Nous pouvons retenir aujourd’hui ces 2 éléments particulièrement important dans l’éducation de Thérèse et qui lui ont permis de recevoir le don de la grâce et développer cette petite voie de confiance et d’amour. Thérèse a appris dans sa famille tout d’abord ce qu’était l’amour profond et vrai et aussi à traverser les épreuves dans la force de la foi, sans se laisser écraser.

L’expérience de l’amour véritable dans sa dimension paternelle et maternelle est certainement l’expérience spirituelle et humaine la plus marquante pour la petite Thérèse dans les 4 premières années de sa vie, c’est-à-dire jusqu’à la mort de sa maman. « Toute ma vie le bon Dieu s’est plu à m’entourer d’amour, mes premiers souvenirs sont empreints des sourires et des caresses les plus tendres !… mais s’Il avait placé près de moi beaucoup d’amour, Il en avait mis aussi dans mon petit cœur, le créant aimant et sensible, aussi j’aimais beaucoup Papa et Maman et leur témoignais ma tendresse de mille manières, car j’étais très expansive. » (Ms A, 4 v°). Notre expérience spirituelle de l’Amour miséricordieux de notre Père du ciel peut être veut favoriser ou rendu plus difficile du fait de notre expérience humaine de l’amour de nos parents. Il ne s’agit pas de projeter sur Dieu notre expérience humaine, qu’elle soit positive ou négative, mais c’est une chance d’avoir découvert, enfant, ce qu’était l’amour parental pour pouvoir faire l’expérience de l’amour de Dieu. Ce fut donc une chance pour Sainte Thérèse de connaître dans les toutes premières années de sa vie la chaleur d’un amour véritable de ses parents qui ont su construire une famille unie.

Cependant cet amour familial demandait à chacun de pouvoir s’engager dans une charité active au sein de la famille comme vis-à-vis de l’extérieur et du bon Dieu. Nous pourrions donner de nombreux exemples de la charité des Martin envers leur entourage, et de leur vie chrétienne exigeante. Mais n’est-ce pas dans la qualité des relations au sein de la fratrie que se mesure la qualité de l’amour en famille. En effet, l’amour fraternel demande un engagement quotidien exigeant. Or on connaît tous le respect affectueux que les filles Martin avaient entre elles, on ne leur connaît pas de grâves disputes, même enfants, et encore mieux ni de rivalités. Par exemple, souvenons-nous de la première communion de Céline, Thérèse qui avait un grand désir de faire sa première communion, et languissait après ce grand jour, a vécu l’événement comme si c’était le sien. « Oui, nos joies étaient communes, je l’ai bien senti au beau jour de la première Communion de ma Céline chérie… J’ai conservé en mon cœur le très doux souvenir de la préparation que vous, ma Mère chérie, avez fait faire à Céline, chaque soir vous la preniez sur vos genoux, et lui parliez de la grande action qu’elle allait faire, moi j’écoutais avide de me préparer aussi, mais bien souvent vous me disiez de m’en aller parce que j’étais trop petite, alors mon cœur était bien gros et je pensais que ce n’était pas trop de quatre années pour se préparer recevoir le Bon Dieu… Le jour de la 1re Communion de Céline me laissa une impression semblable à celle de la mienne, en me réveillant le matin toute seule dans le grand lit, je me sentis inondée de joie. « C’est aujourd’hui ! … Le grand jour est arrivé… » Je ne me lassais pas de répéter ces paroles. Il me semblait que c’était moi qui allais faire ma 1re Communion. »

Cette vie familiale, empreinte d’un amour réel entre tous les membres de la famille, est-elle pour autant un petit cocon douillet ? Certainement pas, puisque la famille Martin ne fut pas épargnée par les difficultés de la vie, particulièrement la maladie et la mort, faut-il revenir sur ces épisodes douloureux des 4 enfants morts en bas âges ? Louis et Zélie ont su aussi montrer comment affronter les exigences de la vie, particulièrement du travail, en s’engageant mais sans perdre de vue la finalité spirituelle de notre vie humaine. Par le travail quotidien dans les tâches ménagères ou l’artisanat, il s’agit avant tout pour les parents Martin de subvenir aux besoins de la famille. Mais leur vraie joie est dans la réussite spirituelle de leur famille, « Pourvu que j’arrive au Paradis avec mon cher Louis et que je les vois tous bien mieux placés que moi, je serais assez heureuse comme cela ». L’amour permet de mieux supporter le poids du service : « C’est un travail si doux de s’occuper de ses petits-enfants ! Si je n’avais que cela à faire, il me semble que je serais la plus heureuse des femmes. » (CF 31) et la maman a bien conscience de s’être livrée sans réserve dans ce service du travail : « Je me dis souvent que si j’avais fait la moitié de tout cela pour gagner le ciel, je serais une sainte à canoniser ! » (CF 152).

Car l’essentiel pour les parents Martin et de tenir dans la foi, la charité et l’espérance à travers tout. Ils montrent à leurs enfants que l’Espérance n’est jamais vaincu, conscient que tout repose dans les mains du Seigneur : « Je lui ai dit de ne pas se creuser la tête pour cela, qu’il n’y avait qu’une chose à faire : prier le bon Dieu, car, ni elle, ni moi, ne pouvions t’aider d’une autre manière. Mais Lui, qui n’est pas embarrassé, nous tirera de là quand il trouvera que nous avons assez souffert, et alors, tu reconnaîtras que ce n’est ni à tes capacités, ni à ton intelligence que tu dois ta réussite, mais à Dieu seul, comme moi, avec mon point d’Alençon ; cette conviction est très salutaire, je l’ai éprouvé par moi-même » (CF 81). La manière dont Zélie vivra sa maladie, et celle dont Louis vivra la mort de sa femme nous montrent que ce ne sont pas là de simple discours.

Ainsi Thérèse apprend de ses parents la grande vertu de l’espérance et du regard de foi pour ne pas se laisser écraser par les difficultés. Oui la petite Thérèse à puiser dans sa famille, et particulièrement la vie de ses parents, les grandes vertus théologales de Foi, de Charité et d’Espérance. Elle était alors bien préparer à l’œuvre à laquelle le Seigneur la destinait ici au Carmel, mettre en lumière la petie voie de confiance et d’amour.

Fr. Antoine-Marie Leduc, o.c.d.

Et pour tout savoir sur la béatification de Louis et Zélie Martin, parents de Ste Thérèse voir www.therese-de-lisieux.com