Testaments spirituels

Cellule de Madame Louise


Testaments spirituels
I

Ma fille, c’est l’amour qui élargit le chemin de la pénitence et qui nous le fait paraître uni et spacieux ; et, par un effet tout contraire, la grâce qui poursuit le pécheur remplit de gênes, d’épines, de montuosités, le chemin où il marche. Telle est cette miséricorde adorable, soit qu’elle coure après nous pour nous regagner, soit qu’elle se montre à côté de nous pour nous soutenir. Ah ! ne nous lassons jamais de la bénir, de la louer, de l’invoquer, d’avoir les yeux sur elle, de nous y confier, de nous y appuyer, de prêter l’oreille à sa voix, de suivre son attrait sans balancer, avec courage, amour, ferveur et dévotion.

AVIS

Faisons toutes nos actions pour Dieu seul et de notre mieux, avec une grande confiance et un grand amour. Qui méritera jamais mieux d’être aimé ?…

II

Ma fille, les miséricordes de Dieu toutes nombreuses, toutes infinies qu’elles aient été pour nous jusqu’ici, ne sont pas épuisées ; il nous reste encore à les éprouver avec la même abondance, si nous le voulons. Oui, si nous le voulons, quelque grands, quelque multipliés qu’aient été nos égarements, il suffit que nous revenions à Dieu sincèrement, de tout notre cœur, pour qu’aussitôt il pardonne tout, il oublie tout, il se livre à nous comme si jamais nous n’avions été ses ennemis. Ô bonté ! ô miséricorde ! Quand on l’a médité, peut-on aimer autre chose que lui ? Peut-on ne pas mourir de regret de l’avoir offensé ? Peut-on en même temps ne pas mourir de joie de se sentir bien avec lui ?

SENTIMENT

Toutes mes sœurs ont plus sacrifié à Dieu que moi, car elles lui ont fait le sacrifice de leur liberté, au lieu que j’étais esclave à la Cour, et mes chaînes, pour être plus brillantes, n’en étaient pas moins des chaînes.

III

Ma fille regardons la Sainte Vierge se reconnaître pauvre, et attribuer à l’aveu que son cœur en faisait sans cesse, toutes les grâces dont elle est comblée. Qui pourrait ne pas s’anéantir en considérant l’humilité d’une créature si parfaite ? Mais aussi, qui pourrait n’être pas rempli de confiance au milieu même de son anéantissement, en considérant dans un si bel exemple, la récompense de l’humilité ?

SENTIMENT

Je redoute tout ce qui tient à mon ancien rang, et je fuis même les bonnes choses qui pourraient m’en faire souvenir et en faire souvenir les autres.

IV

Ma fille, lorsque, pour désarmer le Seigneur, nous nous armons contre nous-mêmes, il faut que la vue de nos péchés nous anéantisse en présence de ce Dieu si grand, si terrible, que nous avons eu le malheur d’offenser ; il faut qu’elle brise notre cœur de crainte et de regret ; il faut qu’elle nous pénètre d’une sainte haine contre nous-mêmes. Cependant, il ne faut pas que la vue des miséricordes de Dieu nous abandonne, que le souvenir du sang précieux qui a coulé pour effacer ces péchés que nous détestons nous échappe. C’est du fond de l’accablement où David était plongé par la vive image de ses péchés, c’est en se repliant sur la contrition même dont son cœur était déchiré, et sur la profonde humiliation où il était, qu’il s’écrie avec la plus ferme et la plus douce confiance : Mon Dieu, vous ne rejetterez pas un cœur contrit et humilié !

SENTIMENT

Tout mon but, dans ce que j’ai fait pour l’Ordre, a été de sauver des âmes, pour lesquelles je donnerais jusqu’à la dernière goutte de mon sang, à l’imitation de notre divin Epoux.

V

Ma fille, Dieu demande de nous la plus grande fidélité plutôt que les austérités, et en cela il ne nous traite pas plus doucement que ceux à qui il demande des choses extraordinaires. Non, les haires, les cilices, les ceintures de fer, les bracelets, les disciplines n’ont rien de plus difficile, rien même de si difficile que l’exactitude, la ponctualité constante et soutenue dans cette suite continuelle d’exercices qui ne finissent point, qui renaissent toujours, et qui ne laissent pas un moment pour reprendre haleine. Il n’est pas douteux que c’est à cette fidélité que Dieu a attaché les consolations que nous désirons tant ; elles en sont, dans l’ordre de la grâce, comme l’effet naturel. Dieu est fidèle à ceux qui le sont.

AVIS

Quand vous vivriez cent ans, souvenez-vous, jusqu’au dernier jour de votre vie, que votre maîtresse vous recommandait la fidélité aux petites choses.

VI

Ma fille, armons-nous de courage et de constance, suivons Jésus-Christ que nous avons toujours sur les lèvres, toujours dans le cœur ; suivons-le pas à pas ; ne le laissons jamais lorsqu’il nous appelle à l’oraison, à l’office, à quelque devoir de charité ; ne tergiversons jamais avec lui, ne lui disputons rien, ne le contristons pas. Faisons sa volonté franchement, entièrement ; sacrifions-lui toute la nôtre sans réserve ; n’ayons qu’un cœur avec lui, et ne craignons pas de tomber dans son esclavage, car son joug est doux et léger, et là où il y a de l’amour il n’y a point de peine.

SENTIMENT

Je voudrais écrire partout la formule de mes vœux, afin, si cela se pouvait, de rendre mon engagement plus étroit. Il n’y a pas de couronne qui vaille le contentement que j’éprouve même dès cette vie de les avoir faits.

VII

Ma fille, ne nous alarmons pas si, d’après la faiblesse dont nous ne saurions nous dépouiller tant que nous porterons ce corps mortel, nous nous apercevons de quelque manquement, ou même si nous sentons notre dévotion se refroidir. Ce n’est qu’un avertissement que Dieu nous donne pour nous réveiller, pour nous renouveler. Il faut partir de là pour faire une autre course, avec un nouveau courage, une nouvelle ferveur, reconnaissant que c’est avec justice que Dieu nous prive de ses consolations. Demandons-les-lui humblement pour nous aider à le mieux servir, nous soumettant cependant, si c’est sa volonté, à en être privées toute notre vie, nous réduisant alors à lui demander la force dont nous avons besoin pour persévérer.

MAXIME

Un grand sacrifice qui nous arrache au monde peut bien prouver notre crainte de nous damner avec le monde ; mais ce sont les souffrances journalières qui prouvent la pureté du désir que nous avons de plaire à notre divin Epoux.

VIII

Ma fille, bannissons de notre esprit tous les scrupules et demandons à Dieu la paix et la joie d’une bonne conscience, sans que cela affaiblisse en nous les sentiments de pénitence auxquels nous sommes obligées. Nos propres forces ne sont rien ; nous sommes des enfants que leur ombre effraie ; mais avec Dieu nous sommes des braves que le fer, la mort et l’enfer même ne feraient pas reculer

MAXIME

Qu’est tout ce que nous pouvons souffrir, pour marquer notre amour à celui auquel notre âme a coûté tout son sang ?

IX

Ma fille, lorsque nous avons été touchées des bontés de Dieu, prions-le de conserver ces sentiments dans notre cœur, et d’y graver en traits ineffaçables le souvenir de ses miséricordes, afin qu’elles se représentent continuellement à nos yeux, qu’elles soient notre consolation, notre force, notre unique appui. Hélas ! dans notre faiblesse, dans notre misère, où trouverions-nous un autre soutien ? Mais d’ailleurs, quel soutien que celui de la fidélité d’un Dieu, de la toute puissance, de la bonté de Dieu même ! Appuyées sur ce roc inébranlable, quel est l’ennemi que nous ne devions braver ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Que ce soit notre devise ; opposons-la à tous les obstacles qui se rencontreront sur notre chemin, et nous les verrons tous s’aplanir et nous livrer un passage aisé.

MAXIME

Aucune de nos paroles, aucun de nos soupirs ne doit être sans mérite pour l’éternité.

X

Ma fille, ne nous confions point dans nos propres forces ; mais uniquement en celles de Dieu. Le manque de cette confiance est un outrage à Celui auquel nous devons nous confier. Nous éprouvons chaque jour ce que l’on gagne à n’aimer rien que Dieu et pour Dieu. Autant d’affections naturelles que nous retournons vers lui, autant d’épines que nous arrachons de notre cœur. L’épreuve que nous en ferons nous animera à travailler de plus en plus sur nous-mêmes. Quelle paix, quelle joie nous goûterons lorsque notre conscience nous rendra ce témoignage consolant, qu’il n’y a plus rien du tout dans notre cœur qui ne soit à Dieu, qui ne vienne de Dieu, qui n’appartienne à Dieu ; que surtout Dieu vit en nous et que nous vivons en Dieu.

SENTIMENT

Toute la joie que j’ai pu ressentir dans les fêtes du monde ne m’est rien pour le ciel, au lieu qu’au Carmel tout, jusqu’à la moindre poussière, peut me valoir des diamants pour l’éternité.

XI

Ma fille, l’état de sécheresse où nous nous trouvons quelquefois est peut-être de la part de Dieu une grande miséricorde. Si notre vanité nous porte à nous complaire dans les louanges des hommes, que ferions-nous des louanges de Dieu même ? Et ces grâces sensibles dont nous sommes privées, ces douceurs, ces consolations, ne sont-ce pas des signes que Dieu est content de nous ? Ne sont-ce pas de véritables louanges de la part de Dieu ? Mais qu’elles sont flatteuses ! Il faut être bien fort pour les soutenir ; Saint Paul lui-même aurait pu craindre d’y succomber, et elles ne lui furent données qu’avec un terrible contre-poids qui l’avertissait sans cesse de s’humilier. Bénissons donc la miséricorde de Dieu quand elle nous épargne cette tentation, en nous conduisant par des voies plus pénibles, mais peut-être plus sûres, et beaucoup moins dangereuses.

MAXIME

Les bonnes religieuses se piquent moins d’intelligence dans les bienséances de la société, que de ponctualité au service de Dieu.

XII

Ma fille, un temps viendra où Dieu, nous ayant fortifiés contre toutes sortes d’épreuves, se livrera à nous avec toutes ses douceurs ; mais il faut attendre ce temps avec patience, avec résignation, avec constance. Prions-le, sollicitons-le, exposons-lui nos peines ; mais sans murmurer, sans nous rebuter, sans nous décourager. Soyons toujours soumises, toujours humbles, toujours reconnaissantes, toujours résolues de le servir à quelque prix que ce soit, et ce jusqu’à la mort. Et après tout, quand cela durerait jusque-là, serait-ce trop pour mériter le ciel ? Serait-ce trop pour faire pénitence ? La vie est-elle donc si longue ? L’éternité est-elle si peu de choses ? Jésus-Christ, notre chef, notre modèle, a-t-il été traité autrement ?

SENTIMENT

Tout dans le monde m’est indifférent, et par la grâce de Dieu je ne me sens de désirs que pour l’éternité et ce qui peut m’y conduire.

XIII

Ma fille, nous avons à faire à un Dieu fidèle qui ne permettra pas que nous soyons tentées au-dessus de nos forces. Aimons la pénitence, non seulement parce qu’elle nous obtient le pardon de nos fautes, mais encore l’amitié de Dieu que nous avons offensé. Notre pénitence, c’est l’état que nous avons embrassé ; elle est du choix de Celui à qui nous voulons la faire agréer, ce qui doit nous porter à l’accomplir avec joie, comme la meilleure que nous puissions faire.

SENTIMENT

Il faut que le monde me croie impropre au royaume des cieux, puisqu’il est si émerveillé de me voir faire, pour y parvenir, ce que tant d’autres font chaque jour sans qu’on s’en aperçoive.

XIV

Ma fille, lorsque nous avons quelque chose de plus pénible à soutenir qu’à l’ordinaire, soit du genre de vie que nous avons embrassé, soit de l’influence des saisons, souvenons-nous de ce que Jésus-Christ a souffert pour nous ; représentons-nous ce poids immense de gloire auquel il veut nous faire participer, et dont la comparaison, avec le poids le plus lourd que nous ayons à supporter dans ce monde, est si propre à le faire disparaître.

SENTIMENT

Je désirerais qu’il n’y eût pas dans l’Ordre de monastère plus simplement bâti que le nôtre, et qu’on pût toujours le citer comme un modèle de l’esprit de notre sainte Mère.

XV

Ma fille, le Seigneur se plaît à exercer ses élus, tantôt au-dehors, tantôt au-dedans, et en cela il agit envers nous avec miséricorde ; s’il nous laissait tranquilles ici-bas, nous nous y établirions, nous ne songerions point au ciel, et lorsque pourtant il faudrait y partir, nous regretterions la terre. Ces épreuves dont nous nous plaignons sont donc propres à nous détacher de ce monde et à nous élever vers les cieux. C’est pourquoi laissons les vents gronder, la mer s’agiter ; allons à Jésus-Christ avec confiance ; sa main, quelque invisible qu’elle soit, nous soutient. Tâchons de ne pas mériter le reproche qu’il fit à Saint Pierre : « Homme de peu de foi, pourquoi avez-vous douté ? »

MAXIME

A Dieu ne plaise que je me permette jamais en présence du ciel une action pour laquelle je craindrais les regards de la terre ! Soyons partout ce que nous devons être, nous ne craindrons nulle part de paraître ce que nous sommes.

XVI

Ma fille, dans le ciel nous serons à Dieu sans peine, sans travail, sans contention d’esprit, sans tiédeur ; plus de corps qui nous affaisse, plus de besoins qui nous occupent, plus de peines qui nous distraient ; point de sommeil, point de maladies, point de froid, point de chaud, point de faim, point de gênes, point de souffrances. Soutenons donc nos misères avec courage, avec patience, avec résignation, en vue de cette bienheureuse éternité ; secouons de nos faiblesses ce que nous pouvons, mais ne nous décourageons pas par ce qui nous en reste ; si nous ne courons pas, si nous ne volons pas, du moins traînons-nous toujours vers le ciel.

MAXIME

Une religieuse ne doit pas trop facilement se croire malade, et lorsqu’elle n’est qu’incommodée, elle doit se réjouir d’avoir quelque chose de plus que ses sœurs à offrir au divin Epoux.

XVII

Ma fille, il faut se faire tout à tous comme l’Apôtre : rire avec ceux qui rient, pleurer avec ceux qui pleurent, être malade avec ceux qui le sont ; mais il faut néanmoins tenir son cœur dans la dépendance de Dieu seul, et ne jamais le tirer de ce centre de notre repos.

SENTIMENT

Si j’ai joui du bonheur de faire du bien aux malheureux, en me consacrant à Dieu je lui ai sacrifié jusqu’à cette douceur.

XVIII

Ma fille, la science des saints consiste à n’aimer que Dieu, à n’avoir de véritable estime que pour lui. Puisse cet amour s’accroître en notre cœur de plus en plus, et remplir tellement toutes nos facultés, qu’immuables comme son appui, la paix de notre âme soit à toute épreuve et ne reçoive plus aucune altération dans les vicissitudes des objets qui nous environnent, et qui ne sont que des ombres sans réalité.

MAXIME

Que faisons-nous en ce monde si nous n’y retraçons la mortification de notre divin Maître ?

XIX

Ma fille, lorsqu’il plaît à Dieu de nous envoyer des croix, il faut adorer l’usage qu’il fait de son souverain domaine sur nous ; nous savons qu’il n’en use que dans sa miséricorde, et pour notre bien ; que c’est par les épreuves, les contradictions qu’il a conduit tous les saints, et le premier de tous, Jésus-Christ, son Fils bien-aimé, notre Sauveur, notre modèle, notre divin Epoux. Et nous n’embrasserions pas notre croix avec des transports d’amour, de joie, et de reconnaissance ! Et nous nous plaindrions d’être traitées comme Jésus-Christ.

MAXIME

Ceux qui nous calomnient nous font plus de bien que ceux qui nous flattent, et lorsque nous prions pour nos bienfaiteurs, nous devons les avoir particulièrement en vue.

XX

Ma fille, il est difficile qu’à l’aspect d’une croix qui se présente, le premier mouvement ne soit de tristesse et d’affliction ; la nature est si prompte à se révolter contre ce qui lui répugne, et la raison si lente à venir à son secours ! Mais au moins le second mouvement, le mouvement de la réflexion, doit être tout d’allégresse et de joie. Laissons faire le Seigneur, ne nous occupons qu’à le suivre, il nous conduira bien ; c’est lui-même qui nous en assure.

MAXIME

Le Dieu du Paradis vaut bien nos sacrifices. Je n’ai pas payé trop cher par douze ans complets de peine le commencement de tranquillité dont je jouis.

XXI

Ma fille, à la suite de Jésus-Christ, point de ténèbres ; elles ne surviennent que lorsque, loin de le suivre, nous prétendons le mener ; alors, n’ayant pas de lumière devant nous et nous écartant d’elle à chaque pas, nous tombons dans une nuit profonde où nous nous égarons de plus en plus. Tout ce que Dieu voudra, quand il voudra, comme il voudra : telle doit être notre constante disposition ; et c’est là cette simplicité chrétienne qu’il faut nous proposer de pratiquer.

MAXIME

Le joug d’une Carmélite est léger ou pesant, selon le courage ou la pusillanimité de celle qui le porte.

XXII

Ma fille, confions-nous en Dieu et il subviendra à tous nos besoins. La seule perte de Dieu serait pour nous déplorable, rien ne pourrait nous en dédommager. Rien, rien au monde ne serait capable de remplacer celui qui est notre tout. C’est donc sur lui seul que nous devons arrêter nos regards. Qu’il nous reste et que toutes les créatures s’évanouissent devant nous, rien ne nous manquera. Ce n’est que dans le ciel que nous sentirons bien cette vérité ; mais il faut cependant en cette vie la méditer, la goûter, nous en nourrir et nous en convaincre de plus en plus.

AVIS

Conservons notre vocation au prix de tous les sacrifices. Pour moi, j’aimerais mieux être Carmélite à Constantinople que de retourner au château de Versailles.

XXIII

Ma fille, nos peines et nos épreuves sont-elles donc si grandes que nous ne puissions suffisamment les exprimer en disant avec notre divin maître : Mon Dieu, pourquoi m’avez vous abandonnée ? Et, vous le savez, notre divin Epoux est mort ayant encore pour ainsi dire ces paroles sur les lèvres. Pourrions-nous donc nous plaindre de vivre comme il a vécu, et de mourir avec lui dans les rigueurs et sur la croix du Calvaire ?

AVIS

Ce qui doit nous soutenir dans notre solitude, lorsque nous sommes privées de la lumière divine, c’est que du moins nous habitons une terre sainte, et que si Dieu se dérobe à nos regards, il ne peut jamais être bien loin de nous.

XXIV

Ma fille, si tout à coup Jésus-Christ, levant le voile qui le cache à nos yeux dans le Saint-Sacrement, nous apparaissait comme aux disciples sur le Thabor ; si la divinité, sortant du nuage qui la couvre, se communiquait face à face à notre âme, de cette manière ineffable qui fait le bonheur des saints dans le ciel, sans doute toutes les glaces de notre cœur seraient fondues à l’instant, et nous serions embrasées de l’amour le plus vif et le plus pur pour cet aimable objet ; toutes les autres affections, tous nos attachements disparaîtraient en un clin d’œil. Que manque-t-il à la sainte Eucharistie pour opérer en nous ces merveilleux effets ?…

MAXIME

La présence réelle de notre divin Epoux au Saint-Sacrement éclaire et épure la conscience, élargit le cœur, en bannit l’ennui, la tristesse et les vains scrupules, pour n’y laisser régner que la confiance et l’amour.

XXV

Ma fille, Dieu seul est notre bien et notre tout. C’est avec cette conviction que nous devons approcher de la sainte Table, en nous pénétrant, par de vives considérations, du don que renferme pour nous ce grand mystère. Faudrait-il, parce qu’un voile léger le cache à nos regards, manquer de recueillir les fruits précieux qu’il renferme pour nous ? et notre foi ne saurait-elle percer ce voile ? Prions le Seigneur d’augmenter de plus en plus notre foi ; il ne faut que cela pour nous faire jouir sans mesure du bienfait inestimable que Jésus-Christ nous a préparé dans la sainte Eucharistie.

MAXIME

Toute la force d’une épouse de Jésus-Christ est dans la communion ; le moyen le plus sûr pour elle d’avancer dans la perfection, c’est la communion ; le secours le plus puissant contre ses ennemis, c’est encore la communion. Une Carmélite doit être toujours prête à se confesser, à communier et à mourir.

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Crédits photographiques

  • Cellule de Mère Thérèse de Saint-Augustin (Madame Louise de France)
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  • Sentence du carmel de Saint-Denis
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