Textes liturgiques (année A) : Ez 37, 12-14 ; Ps 129 (130) ; Rm 8, 8-11 ; Jn 11, 1-45 ; Jn 11, 3-7.17.20-27.33b-45

Le retour de Lazare à la vie ! Voilà le dernier des sept signes accomplis par Jésus, et le plus grand !

Le plus grand parce qu’il signifie clairement l’autorité de Jésus sur la vie et la mort. Le plus grand aussi parce qu’il manifeste la raison d’être de sa venue dans le monde, apporter la plénitude de la vie.

Mais aussi paradoxalement, nous l’apprenons dans les versets qui suivent notre Évangile, ce signe de victoire sur la mort de Lazare détermine les autorités juives à faire mourir Jésus ! Ainsi, si Lazare va de la mort à la vie, Jésus prend le chemin inverse ! De ce long Évangile, je retiens un seul enseignement ce matin : la compassion de Jésus devant le malheur de ses amis de Béthanie.

Marthe et Marie sont dans la détresse d’avoir perdu leur frère Lazare, depuis 4 jours déjà. Chacune, l’une après l’autre, à sa façon propre, va à la rencontre de Jésus pour laisser éclater cette détresse.
Marthe est plus directe en disant d’emblée :
Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.
Marie a soin d’abord de se jeter à ses pieds, avant de lui dire la même chose.
Jésus, dit le texte, est bouleversé par cela, ou encore repris par l’émotion, et cette compassion débouche immédiatement sur une action, il demande d’ouvrir la tombe et il rend grâce au Père d’avoir exaucé sa prière.
Nous aussi, entrons dans cette action de grâce.
Comme les Juifs témoins du retour à la vie de Lazare, croyons en Jésus, en sa parole, en la puissance de sa prière, à sa compassion pour tous ses frères humains.
Oui, croyons à la compassion de Dieu pour nous aujourd’hui, un nous qui englobe l’humanité. Joignons notre prière à celle du pape François.
Dans le contexte actuel, la lecture de cet Évangile, deux semaines avant de célébrer la Pâques, nous donne de vivre et d’agir dans la compassion de Jésus, dans sa prière d’intercession, elle nous donne de croire en la victoire de la vie !
Comme citoyens, nous pourrons aussi, plus tard, donner notre avis relatif aux changements nécessaires, parce que salutaires, du mode de vie de la partie la plus riche de l’humanité à laquelle nous appartenons, de travailler à retisser de bonnes relations à la Terre et à tous les vivants.

Mais l’actualité est bien de prendre soin de tous ceux qui nous entourent physiquement, ainsi que de ceux qui sont dans nos pensées, nos prières, par exemple à tous ceux et celles qui seraient présents dans cette chapelle, un dimanche de carême, sans cette épidémie. Vivons dans la confiance en l’amour de Dieu pour qu’Il nous donne le courage de faire ce que nous pouvons pour le bien de ceux qui nous entourent.
Un moyen de combattre les ravages du COVID-19, de limiter sa contagion, est de protéger les autres en se protégeant soi-même, cela va de pair. La solidarité est comme obligée. Nous sommes tous dans la même barque !
Une coïncidence du soin de soi et du soin des autres qui résonne avec le commandement de l’amour du prochain comme de soi-même, qui rejoint la compassion, la charité de Jésus qui, en ramenant Lazare à la vie, entre dans sa Passion pour notre salut.
Alors, chers frères et sœurs, comme le dit l’oraison de la messe de ce jour, demandons la grâce d’imiter avec joie la charité du Christ qui a donné sa vie par amour pour le monde. Amen.

Fr. Robert Arcas, ocd - (couvent de Paris)