Veiller [Ho 1er dim. Avent - Année A]

donnée au couvent de Paris

Textes liturgiques (année A) : Is 2, 1-5 ; Ps 121 (122) ; Rm 13, 11-14a ; Mt 24, 37-44

Aujourd’hui, frères et sœurs, commence notre nouvelle année liturgique. L’évangile selon saint Matthieu sera notre guide tout au long de cette année pour nous aider à mieux connaître le Christ Jésus, à mieux l’aimer, à mieux le servir.

Saint Paul nous invite «  à sortir de notre sommeil  » (Rm 13,11). Nous pourrions paraphraser en disant qu’il nous invite à sortir de notre léthargie, de l’anesthésie profonde qui est la nôtre lorsque nous ne sommes pas maintenus en vigilance par la Parole de Dieu, par l’attente de la venue du Seigneur.

Paul nous invite à «  rejeter les œuvres des ténèbres » (Rm 13,12). Et c’est bien le sens de notre demande de pardon tout au long de cette célébration eucharistique : demander à Dieu de nous donner la force de « rejeter les œuvres des Ténèbres » et de nous purifier lorsque nous avons été complices de ces œuvres.

Puis Paul nous invite à « revêtir les armes de lumière » (Rm 13,12). Il nous explicite son propos en nous disant ce que sont les « armes de lumières : « Se conduire honnêtement comme on le fait en plein jour » (Rm 13,13).

« Se conduire honnêtement »… cela suppose une conscience droite et affinée. Je suis souvent surpris de voir comment l’esprit du monde, l’esprit de mensonge, de dissimulation, vient pénétrer nos consciences et les pervertir.

  • Passer des coups de téléphones personnels depuis son lieu de travail semble aujourd’hui naturel, parce que tout le monde le fait…
  • Emporter du bureau des fournitures scolaires pour ses enfants devient normal…
  • Avoir une double vie ne pose pas de problèmes du moment que cela ne se sait pas…

Je vous laisse trouver d’autres exemples dans vos propres vies…

Écoutons ce matin, saint Paul nous exhorter à nous « conduire honnêtement » et en ce début d’année liturgique prenons la résolution de changer ce qui doit l’être dans notre vie pour nous « conduire honnêtement » !

Car la conclusion de Paul est claire : agir ainsi c’est « se revêtir du Seigneur Jésus-Christ » (Rm 13,14). Pour Paul « rejeter les œuvres des ténèbres » et « revêtir les armes de lumières » ce n’est pas autre chose que « revêtir le Christ ». C’est-à-dire laisser le Christ Jésus vivre en moi, le laisser déployer en mon être toute la vie filiale qu’il est venu nous révéler par son incarnation rédemptrice.

En communiant au Corps et au Sang du Christ, dans cette eucharistie, nous sommes invités à « revêtir le Christ » et à lui être « une humanité de surcroit en laquelle il renouvelle tout son mystère » comme le proclame sainte Élisabeth de la Trinité dans sa prière Ô mon Dieu Trinité que j’adore.

Dans l’évangile, le Christ Jésus nous exhorte à la vigilance : «  Veillez donc car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient » (Mt 24,42). Il insiste : « Tenez-vous donc prêt vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra  » (Mt 24, 44).

Dans un poème écrit pour la prise de voile de sœur Isabelle des Anges (PO 25), notre mère, sainte Thérèse de Jésus (Sainte Thérèse d’Avila) médite sur ces paroles de l’évangile qu’elle associe également à la parabole des vierges sages et des vierges folles (Mt 25,1-13).

Écoutons son poème qui peut nous aider à nous orienter vers le Christ Jésus en ce début d’année liturgique ;

Ma sœur, c’est pour que tu restes en éveil Que l’on t’a donné ce voile aujourd’hui. Ce n’est rien de moins que le ciel pour toi, Aussi, ne sois pas négligente.

Ce voile gracieux que voici T’invite à garder la veille, À demeurer en sentinelle Jusqu’à la venue de l’Époux, Qui, comme le fameux larron, Viendra quand tu n’y penseras pas. Aussi, ne sois pas négligente.

Personne ne sait à quelle heure En la première veille, Ou la seconde, ou la troisième ? Nul chrétien ne le sait. Aussi, veille, veille, ma sœur, À ce que l’on ne te dérobe pas ton bien. Aussi, ne sois pas négligente.

Dans ta main, tiens toujours Ta chandelle allumée, Et sous ton voile, veille. La ceinture autour de tes reins. Ne t’abandonne pas au sommeil Et prends bien garde aux dangers. Aussi, ne sois pas négligente.

[…]

Prends continuellement soin De bien tenir d’une âme forte Et jusqu’à l’heure de ta mort Ce qu’aujourd’hui tu as promis. Après avoir ainsi veillé Avec l’Époux, tu entreras ; Aussi, ne sois pas négligente.

Que notre Mère sainte Thérèse, intercède pour nous, afin que nous demeurions éveillés et vigilants tout au long de cet Avent, tout au long de cette nouvelle année liturgique afin de nous revêtir toujours davantage du Christ Jésus.

Amen.

Fr. Didier-Marie Golay, ocd - (couvent de Paris >https://carmes-paris.org/couvent-paris/)

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