L’histoire récente

Voici une présentation de l’histoire de la Province de Paris des Carmes déchaux depuis 1932, année de la restauration de la Province, supprimée en 1792.

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Les priorités de la nouvelle Province de Paris (1932)

21. l’impératif du développement2

Partout les Provinces de l’Ordre se recrutaient par l’ouverture à des adolescents de séminaires appelés « Petits Noviciats ». Le centre de l’Ordre invita les Pères de Paris à s’engager hardiment dans cette voie.

Opportunément la Providence venait d’orienter vers le noviciat de Lille un prêtre du Hâvre âgé de 32 ans. Il y avait révélé des dons d’éducateur hors pair au collège S.Joseph. Son nom : Lucien Bunel. Il fit profession en 1932 sous le nom de Jacques de Jésus.

Père Jacques de Jésus (1900-1945) Invité à prendre la direction du futur collège, il accepta, demandant de ne pas restreindre le recrutement. Des jeunes de douze ans sont peu capables de saisir les exigences d’une vie de solitude.

Son projet fut accepté et, grâce aux relations des soeurs carmélites, un recrutement sélectif permit à une jeunesse privilégiée de bénéficier d’une formation humaine et chrétienne de toute première qualité. Le P. Jacques choisissait tout, décidait tout, veillait à tout. Ses appels à l’héroïsme le conduisirent à braver les ordres de l’occupant nazi : 3 enfants juifs furent cachés au collège. Dénoncé à la Gestapo, le P. Jacques fut déporté et mourut à Linz (Autriche) quatre semaines après sa libération par les troupes américaines. Du point de vue du recrutement de la Province de Paris le collège fut un investissement sans retombées. Par ailleurs les conditions de l’enseignement confessionnel avaient évolué. En 1960, le Chapitre provincial estima que les religieux qui s’y dévouaient, comme en marge de leur vocation carmélitaine, devaient se reconvertir vers des activités plus directement orientées vers la diffusion de la doctrine spirituelle de l’Ordre. Au grand regret des familles, le Petit Collège fut fermé.

22. les Etudes Carmélitaines2

Une seconde priorité consistait dans la diffusion de la spiritualité des saints de l’Ordre. Existait une revue : Les Études Carmélitaines historiques et critiques. Leurs sujets : les traditions, les privilèges, la mystique de l’Ordre. En 1932, elle s’éteignaient sans abonnés.

Les études carmélitaines Le nouveau Vicaire Provincial, Louis de la Trinité, proposa au Père Bruno de Jésus-Marie, d’engager les Études dans un domaine plus capable de servir efficacement la pensée catholique ; de faire aussi valoir les richesses de la doctrine des saints de l’Ordre, particulièrement ceux dont le magistère a été depuis reconnu par l’Église. Ce passage heureux de l’ancienne à la nouvelle formule des Études est bien représentatif de l’esprit des refondateurs de la Province de Paris.

Les Études Carmélitaines mystiques et missionnaires - c’était leur nom nouveau - devaient durant 25 ans accomplir leur tâche, le P.Bruno s’entourant des meilleurs spécialistes en diverses disciplines : théologie, philosophie, spiritualité, médecine, psychologie. Le Saint Siège exprima ses encouragements et ses félicitations au prudent directeur attentif à concilier les exigences de la recherche scientifique avec celles de la foi.

La vigne du Carmel A côté des Etudes il faut faire une place à la collection La Vigne du Carmel du P. François de Sainte-Marie (1910-1961) dont la visée, plus directement orientée vers la vie spirituelle, répondait à une attente. Son petit essai, Présence à Dieu et à soi-même (1943), connut une large diffusion. Il était le premier d’une collection qui devait comprendre 25 ouvrages d’abord facile mais nourris de la doctrine des saints du Carmel.

En 1953, la confiance des soeurs de Thérèse, au carmel de Lisieux, le charge de l’édition des Manuscrits autobiographiques de la sainte. Accueillis avec une faveur unanime, ces ouvrages ont été traduits dans le monde entier. Un même désir de connaître tout ce qui approche la petite Thérèse a suscité, par la suite, la publication de ses pensées non rédigées de sa main, mais recueillies pieusement et rapportées, sous la foi du serment, dans les dépositions aux procès de Béatification. Le principal auteur de la publication des Œuvres Complètes de sainte Thérèse est Mgr. Guy Gaucher, ocd.

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L’apostolat de la Province de Paris.

Le rôle joué par la maison Généralice des Carmes dans l’heureuse issue des causes de Béatification et de Canonisation de Thérèse acheva de dissiper la défiance que depuis 1604 les moniales entretenaient à l’égard des Carmes. Les épreuves des expulsions, de la guerre 14-18, la part prise par le carme Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus dans la diffusion du message de Thérèse dans l’après-canonisation (1925), la notoriété de quelques carmes de la nouvelle génération, devaient avoir raison des dernières craintes. En 1953, le Saint Siège chargeait le P. Marie-Eugène, alors Vicaire-Général de l’Ordre, de mettre sur pied les Fédérations de Carmélites en France ; l’assistance des 4 Présidentes fédérales était dévolue à des carmes.

Toutes ces adaptations, exigées notamment par l’allongement de la durée de la vie et le vieillissement consécutif des communautés, contribuèrent à rétablir l’unité fraternelle des branches masculine et féminine du Carmel thérésien dans la juste autonomie des juridictions.

Si les soeurs constituaient le second Ordre, traditionnellement des laïcs, hommes et femmes, constituaient le troisième. Au XIXe siècle, en France, la grande figure masculine fut le général de Sonis. Au long du XXe siècle, les Pères s’efforcèrent de faire accéder des laïcs actifs aux richesses de la spiritualité selon l’enseignement des saints du Carmel.

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Les fondations nouvelles.

Le couvent de Bordigné L’impérieuse obligation du développement de la Province incita les successeurs du P. Louis de la Trinité à envisager de nouvelles implantations. En 1938, le couvent de Rennes, demeuré sous la garde du P. Patrick de S.Anne durant les expulsions, était vendu. Une nouvelle implantation plus proche de Paris était réalisée à Bernay-en-Champagne (72210) dans une propriété de 15 ha : Bordigné, don d’une amie de l’Ordre.

Le couvent constitué par l’adaptation judicieuse des dépendances d’un manoir avait été flanqué de plantations fruitières dont les revenus servirent au soutien matériel d’une communauté, bientôt nombreuse. Le noviciat de Lille y fut transféré en 1947. Là, 96 jeunes étudièrent leur vocation dont 26 devaient persévérer au-delà de la profession solennelle. De 1965 à 1970 les entrées se font plus rares. Les petites fraternités -aux rapports plus familiers entre religieux- ont le vent en poupe. Par ailleurs, le travail de l’exploitation fruitière apparait moins cadrer avec le ministère traditionnel des carmes déchaux. C’est l’origine de l’expérience Gautray-la Source et la fin de la fondation de Bordigné (1973).

Près d’Orléans, 2 implantations avaient été choisies (1972). L’une à la Source, dans un quartier périphérique de la ville ; l’autre à Gautray en Sologne à quelques kilomètres au sud de la ville. En 1974 la Province manifesta son estime de la qualité de vie des Frères de Gautray-La Source en leur donnant la faculté d’accueillir les aspirants à la vie carmélitaine. Sept jeunes devaient y commencer le noviciat.

Le couvent de Gommerville En raison du caractère particulier du genre de vie de cette communauté - travail salarié, animation liturgique réduite- se posait la question de l’insertion des nouveaux profès dans les autres communautés ; en fait Lille et Avon. Pour résoudre ce problème, la fondation d’un noviciat commun fut décidée. Une propriété fut acquise à la limite de la Beauce à Gommerville (28310). En Octobre 1979 un groupe de formation y accueillait le premier candidat. Une chapelle (1982), un pavillon des novices (1990), furent tour à tour édifiés. Seize candidats devaient suivre jusqu’en 1988 dont 7 poursuivent la vie religieuse selon l’esprit des saints et docteurs du Carmel.

De nouvelles fondations amènent par contre-coup la diminution de l’effectif des frères vivant dans les plus anciennes. C’est pour faire face à cette nécessité qu’au Chapitre de 1984 le P. Général Felipe Sainz de Barranda, tout en rendant un hommage appuyé à l’expérience de Gautray-La Source demandait à la Province d’y mettre provisoirement un terme.

Pour des raisons similaires, par la suite, le chapitre provincial de 2002 décida la fermeture du couvent de Gommerville, fondé en 1979, pour pouvoir répondre à l’appel du diocèse de Bayeux de servir le pélerinage de Lisieux. C’est ainsi qu’est née la communauté de Lisieux. La suite de l’histoire sur www.carmes-paris.org

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