Je ne meurs pas, j’entre dans la vie

Thérèse parle souvent du Ciel, lieu de paix et d’amour, de communion où chacun vivra pleinement sa vocation d’enfant de Dieu et la fraternité avec tous les humains.

« Une fois je m’étonnais de ce que le Bon Dieu ne donne pas une gloire égale dans le Ciel à tous les élus, et j’avais peur que tous ne soient pas heureux ; alors Pauline me dit d’aller chercher le grand »verre à Papa« et de le mettre à côté de mon tout petit dé, puis de les remplir d’eau, ensuite elle me demanda lequel était le plus plein. Je lui dis qu’ils étaient aussi pleins l’un que l’autre et qu’il était impossible de mettre plus d’eau qu’ils n’en pouvaient contenir. Ma Mère chérie me fit alors comprendre qu’au Ciel le Bon Dieu donnerait à ses élus autant de gloire qu’ils en pourraient porter et qu’ainsi le dernier n’aurait rien à envier au premier. » (Ms A, 19v)

« Mais je sais que la terre est le lieu de notre exil, nous sommes des voyageuses qui cheminons vers notre patrie, qu’importe si la route que nous suivons n’est pas la même puisque le terme unique sera le Ciel, c’est là que nous serons réunies pour ne plus nous quitter, c’est là que nous goûterons éternellement les joies de la famille. » (LT 148)

« On me dit que j’aurai peur de la mort. Cela se peut bien. Il n’y en a pas une ici plus défiante que moi de ses sentiments. Je ne m’appuie jamais sur mes propres pensées ; je sais combien je suis faible ; mais je veux jouir du sentiment que le bon Dieu me donne maintenant. Il sera toujours temps de souffrir du contraire. » (DE 20 mai 1)

« Notre Seigneur est mort sur la Croix, dans les angoisses, et voilà pourtant la plus belle mort d’amour. C’est la seule qu’on ait vue, on n’a pas vu celle de la Sainte Vierge. Mourir d’amour ce n’est pas mourir dans les transports. Je vous l’avoue franchement, il me semble que c’est ce que j’éprouve. » (DE 4 juillet 2)

Thérèse nous promet de passer son ciel à faire du bien sur la terre.

« Je compte bien ne pas rester inactive au Ciel, mon désir est de travailler encore pour l’Eglise et les âmes, je le demande au bon Dieu et je suis certaine qu’Il m’exaucera. Les Anges ne sont-ils pas continuellement occupés de nous sans jamais cesser de voir la Face divine, de se perdre dans l’Océan sans rivages de l’Amour ? Pourquoi Jésus ne me permettrait-Il pas de les imiter ?

Mon Frère, vous voyez que si je quitte déjà le champ de bataille, ce n’est pas avec le désir égoïste de me reposer, la pensée de la béatitude éternelle fait à peine tressaillir mon cœur, depuis longtemps la souffrance est devenue mon Ciel ici-bas et j’ai vraiment du mal à concevoir comment je pourrai m’acclimater dans un Pays où la joie règne sans aucun mélange de tristesse. Il faudra que Jésus transforme mon âme et lui donne la capacité de jouir, autrement je ne pourrai supporter les délices éternelles.

Ce qui m’attire vers la Patrie des Cieux, c’est l’appel du Seigneur, c’est l’espoir de l’aimer enfin comme je l’ai tant désiré et la pensée que je pourrai le faire aimer d’une multitude d’âmes qui le béniront éternellement. » (LT 254)

Thérèse nous promet de nous accompagner dans la voie de la science d’amour.

« Quand je serai au port je vous enseignerai, cher petit frère de mon âme, comment vous devrez naviguer sur la mer orageuse du monde avec l’abandon et l’amour d’un enfant qui sait que son Père le chérit et ne saurait le laisser seul à l’heure du danger. Ah ! que je voudrais vous faire comprendre la tendresse du Cœur de Jésus, ce qu’il attend de vous. Dans votre lettre du 14 vous avez fait tressaillir doucement mon cœur, j’ai compris plus que jamais à quel point votre âme est sœur de la mienne puisqu’elle est appelée à s’élever vers Dieu par l’ASCENSEUR de l’amour et non pas à gravir le rude escalier de la crainte… Je ne m’étonne en aucune façon que la pratique de la familiarité avec Jésus vous semble un peu difficile a réaliser ; on ne peut y arriver en un jour, mais j’en suis sûre, je vous aiderai beaucoup plus à marcher par cette voie délicieuse quand je serai délivrée de mon enveloppe mortelle, et bientôt comme St Augustin vous direz : » L’amour est le poids qui m’entraîne. « (LT 258) » Moi qui ne suis pas pour rien votre petite sœur, je vous promets de vous faire goûter après mon départ pour l’éternelle vie ce qu’on peut trouver de bonheur à sentir près de soi une âme amie. « (LT 261) » Je vous avoue, mon petit frère, que nous ne comprenons pas le Ciel de la même manière. Il vous semble que participant à la justice, à la sainteté de Dieu, je ne pourrai comme sur la terre excuser vos fautes. Oubliez-vous donc que je participerai aussi à la miséricorde infinie du Seigneur ? Je crois que les Bienheureux ont une grande compassion de nos misères, ils se souviennent qu’étant comme nous fragiles et mortels, ils ont commis les mêmes fautes, soutenu les mêmes combats et leur tendresse fraternelle devient plus grande encore qu’elle ne l’était sur la terre, c’est pour cela qu’ils ne cessent de nous protéger et de prier pour nous. « (LT 263)

 » Je ne me repens pas de m’être livrée à l’Amour.
Oh ! non, je ne m’en repens pas, au contraire ! « (DE 30 septembre, jour de son entrée dans la Vie) » Je vois ce que j’ai cru
Je possède ce que j’ai espéré
Je suis unie à Celui que j’ai aimé
de toute ma puissance d’aimer. " (LT 245)

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