15 AOÛT 2018 - Assomption de la Vierge Marie

donnée au couvent d’Avon

Textes liturgiques (année B) : Ap 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab ; 16, 1-2 ; Ps 44, (45) ;1 Co 15, 20-27a ; Lc 1, 39-56

Nous pouvons déjà chanter avec la communauté primitive l’hymne qui achève l’enseignement de saint Paul aux Corinthiens sur la Résurrection : « La mort a été engloutie dans la vie. Mort où est ta victoire, mort où est ton aiguillon ? » La « femme vêtue de soleil » est le grand signe de la victoire de l’amour, de la victoire du bien, de la victoire de Dieu. Un grand signe de réconfort. Saint Hyppolyte de Rome nous dit déjà, à la fin du deuxième siècle : « Quant à la Femme qui est habillée de Soleil, Jean pense sans aucun doute à l’Eglise. Car elle est revêtue du verbe, de Celui qui est engendré par le Père, dont la lumière est plus brillante que celle du Soleil. » Cette femme qui souffre, qui doit fuir, qui enfante dans un cri de douleur, est l’Eglise, l’Eglise en pèlerinage de tous les temps. A toutes les générations, elle doit à nouveau enfanter le Christ, l’apporter au monde avec une grande douleur dans ce monde de souffrance.

Plus tard, un disciple de saint Augustin prêchera aux nouveaux baptisés en identifiant cette femme avec la Vierge Marie : « Cette femme représente la Vierge Marie qui engendre intacte notre tête également intacte. » Oui, sans aucun doute, il s’agit de la Vierge Marie vêtue de soleil, c’est-à dire entièrement de Dieu ; Marie qui vit en Dieu, entièrement, entourée et pénétrée de la lumière de Dieu. Entourée de douze étoiles, c’est-à-dire des douze tribus d’Israël, de tout le Peuple de Dieu, de toute la communion des saints, et avec à ses pieds la lune, image de la mort et de la mortalité. Marie a laissé la mort derrière elle ; elle est entièrement revêtue de vie, elle est élevée corps et âme dans la gloire de Dieu et ainsi, étant placée dans la gloire, ayant surmonté la mort, elle nous dit : courage, à la fin l’amour est vainqueur ! Ayez confiance, ayez le courage de vivre et de lutter contre toutes les menaces du dragon. C’est ce que la petite Thérèse disait comme une confidence de la sainte Vierge dans sa toute dernière poésie : « Aimer c’est tout donner et se donner soi-même… Oui souffrir en aimant c’est le plus pur bonheur » (PN 54)

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Ainsi, la fête de l’Assomption est l’invitation à avoir confiance en Dieu et elle est également une invitation à imiter Marie dans ce qu’elle a dit elle-même dans le Magnificat. « Mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur parce qu’il a posé son regard sur l’humilité de sa servante. Dès cet instant tous les âges diront mon bonheur parce qu’il a fait pour moi de grandes choses, le Puissant : saint est son Nom ».

Le Magnificat, composé à partir de tous les fils de l’Ancien Testament, nous invite à connaître et aimer la Parole de Dieu, à vivre avec la Parole de Dieu et à penser avec la Parole de Dieu. Comme le dit la Règle du Carmel que Thérèse de l’Enfant-Jésus a su si bien vivre : « Que chacun demeure seul dans sa cellule ou près d’elle, méditant jour et nuit la loi du Seigneur et veillant dans la prière, à moins qu’il ne soit légitimement occupé à autre chose… La vie de l’homme sur la terre est une tentation et ceux qui veulent vivre en Jésus Christ souffrent persécution. Votre adversaire le diable rôde en cherchant sa proie. Revêtez donc l’armure de Dieu : que le glaive de l’Esprit qui est la parole de Dieu habite avec plénitude dans votre bouche et votre cœur. » Amen.

fr. Philippe Hugelé , ocd - (Couvent d’Avon)