L’humanité du Christ ; Vida 22, 6

Dans le texte suivant, que dit Thérèse du Christ Jésus :

  • Allusions à des textes bibliques ?
  • Affirmations théologiques ?
  • Conseils pour l’oraison et la vie spirituelle ?

L’HUMANITÉ DESUS-CHRIST

Vida 22, 6

6 Si, par suite de notre complexion ou de nos infirmités, nous ne pouvons pas méditer constamment la Passion – car, je le reconnais, c’est une chose pénible –, qui nous empêche de nous tenir auprès de Jésus-Christ ressuscité, puisque nous l’avons si près de nous dans le saint sacrement, où sa chair est déjà glorifiée ? Nous ne l’y verrons pas accablé de douleur, brisé de coups, ruisselant de sang, harassé de fatigue par les chemins, persécuté par ceux qu’il avait comblé de bienfaits, méconnu de ses apôtres eux-mêmes. Non certes, il n’est pas toujours possible d’arrêter sa pensée sur de pareilles souffrances. Mais à l’heure où il s’apprête à remonter aux cieux, le voici affranchi de la douleur, rempli de gloire, réconfortant les uns, stimulant les autres. Le voici enfin devenu notre compagnon au très saint sacrement, car en vérité, il semble n’avoir pu se résoudre à s’éloigner de nous un seul instant. Et moi, mon cher Maître, j’ai pu me résoudre à te quitter, dans la pensée de mieux te servir ! Du moins, quand je t’offensais, je ne te connaissais pas ; mais te connaître et penser que j’avancerais davantage par une telle voie ! Oh ! dans quelle détestable route je m’étais engagée, Seigneur ! Si tu ne m’avais remise dans le vrai chemin, sans nul doute je m’égarais entièrement. Au contraire, à peine t’avais-je auprès de moi, que je me trouvai en possession de tous les biens. Jamais je ne me suis vue assaillie d’une épreuve, sans qu’il m’ait suffi de te considérer en présence de tes juges pour me sentir prête à tout souffrir. Auprès d’un si bon ami, d’un si bon capitaine qui, le premier, s’est offert à la souffrance, tout devient supportable. Il est là qui nous aide, qui nous fortifie ; jamais il ne nous manque. Enfin, c’est un ami véritable.

Je l’ai compris depuis, et la chose est pour moi de toute évidence : pour plaire à Dieu, pour recevoir de lui de grandes grâces, il faut, et telle est sa volonté, qu’elles passent par les mains de cette humanité sacrée, en laquelle il a déclaré lui-même se complaire. J’en ai fait l’expérience, un nombre infini de fois, et Notre-Seigneur lui-même me l’a dit. J’ai reconnu manifestement que c’est la porte par où nous devons entrer, si nous voulons que la souveraine Majesté nous découvre ses hauts secrets.