La lettre du Père Provincial O.C.D. Paris

La période estivale a été riche en évènements. Nombre d’entre eux sont évoqués dans le numéro d’Avenir du Carmel [1]. Je vous en partage quelques autres en « élargissant l’espace de notre tente »…

Nos sœurs moniales

En juin, nos sœurs moniales ont tenu leurs Assemblées Fédérales. C’était un moment particulièrement important puisque, au terme d’un long processus, les deux fédérations (Lisieux et Paris) n’allaient former qu’une seule fédération (France Nord). Cette nouvelle fédération comporte 40 carmels ; elle comprend deux carmels situés hors de France : Le Pâquier (Suisse) et Magyarszék (Hongrie). Sur le territoire géographique de la Province, il y a actuellement 42 carmels féminins. J’ai été nommé assistant du nouveau Conseil Fédéral pour trois ans.

Au cours de leur Assemblée, nos sœurs moniales avaient invités Enzo Bianchi, fondateur de la communauté de Boze en Italie, qui a mené une réflexion sur « obéissance et autorité ».

La grande famille du Carmel

Début août, au cours d’un Chapitre extraordinaire, les sœurs du « Carmel de l’Emmanuel » ont envoyé à Rome leur demande de fusion avec les sœurs du « Carmel Saint-Joseph ». Il s’agit là aussi de l’aboutissement d’un long processus qui a été accompagné par les frères de la Province en ses diverses étapes.

Le « Carmel de l’Emmanuel » est né le 18 février 1948, avec l’accord de l’évêque de Reims et l’appui du Père Elisée de la Nativité, provincial de Paris. Après son érection canonique, en 1964, l’Institut demanda l’agrégation à l’Ordre des Carmes Déchaux qui lui fut accordé le 10 janvier 1965.

Leur « nom » exprimait à la fois leur volonté de maintenir la primauté de la vie contemplative et le souci d’être présentes au cœur du monde dans l’aujourd’hui de l’histoire. C’est justement cet « aujourd’hui » vécu en solidarité avec l’Eglise de France qui les a conduites à demander la fusion avec une autre congrégation carmélitaine de vie contemplative et apostolique pour porter un fruit de vie.

Nouvelles de Bagdad

Frères de la communauté de BagdadMi-septembre, frère Thomas est arrivé de Bagdad pour un temps de repos et d’études en France. Selon lui, depuis la fin du mois de juin, la situation est plus calme. Il n’y a plus eu d’enlèvement de prêtre. Il est possible de circuler dans Bagdad en évitant les quartiers difficiles. Actuellement les routes vers la Syrie ou la Jordanie sont empruntables y compris la nuit.

Le couvent est un lieu source où de nombreux chrétiens viennent prier. L’assemblée compte plus de 200 personnes le dimanche et une bonne trentaine en semaine. Des musulmans viennent mettre des cierges à Notre Dame du Mont Carmel et demandent la prière des frères.

La vie universitaire étant paralysée, nous avons cherché une solution pour nos quatre frères étudiants. Nous pensions en envoyer deux au Liban et deux en Egypte. Nos frères présents dans ces pays étaient d’accord pour les accueillir. Les deux qui devaient aller en Egypte n’ont pas obtenu le visa. Nous avons donc envisagé le Liban pour les quatre. Un seul, pharmacien de formation, a reçu le visa. Les trois autres devaient refaire leur demande depuis Bagdad.

A l’occasion de ce retour en Irak, deux frères, Faïz et Rafid ont décidé de quitter la vie religieuse. Le troisième Imad a enfin pu regagner le Liban où, avec Hilal, il va suivre les cours de l’université de Kaslik.

La vie de la Province

A la fin du mois de juin, nous avons tenu une Assemblée Provinciale, animée par le Provincial de France des Camilliens, Thierry de Rodellec, sur le thème du vieillissement : « Vieillir ensemble, un défi évangélique ». Une réflexion personnelle et communautaire avait préparé cette assemblée. Pour cette rencontre, 31 frères étaient réunis à Avon, sur les 36 profès que compte la Province en France. Nous étions tous concernés par cette question puisque cela touche à notre propre existence et au concret de notre vivre ensemble : environ la moitié des frères a plus de 75 ans.

Les apports de l’animateur et les échanges entre nous ont ouvert des pistes de réflexion qu’il nous faudra poursuivre personnellement, communautairement et en province. Nous gardons en mémoire une des paroles du frère Thierry : « Ce que je vais vivre à la fin de l’existence se prépare le plus tôt possible. » Il a attiré notre attention sur la santé et sur l’apostolat (chez nous, il n’y a pas de « mise à la retraite »). Mais nous nous trouvons là face au mystère de la personne, de son rapport à elle-même, aux autres, à Dieu. Il n’est pas si simple d’avancer à la fois dans la liberté et dans la vérité…

L’été a été marqué par le pèlerinage des étudiants et des formateurs que j’ai accompagné sur les pas de la Madre en Castille. C’est toujours une grande grâce de se mettre à l’écoute de Teresa sur les lieux où elle a vécu, et de rencontrer les communautés, que d’une certaine façon, elle ne cesse de fonder.

Les paticipants de la Rencontre européenne des étudiants Carmes déchaux à Lisieux

Fin août, la Province a également organisé la 6 ème rencontre européenne des étudiants carmes à Lisieux. Ce fut une belle expérience de fraternité internationale et un signe de la vitalité de notre Ordre : imaginons 120 participants, dont près d’une centaine d’étudiants venus de 23 provinces d’Europe.

A la fin du mois d’octobre, je me rendrai en Pologne, pour la rencontre annuelle des Provinciaux d’Europe. Nous nous rendrons à Czerna pour le centenaire de la mort de Saint Raphael de Saint-Joseph (Joseph Kalinowski) et à Wadowice, ville natale de Jean-Paul II.

La formation est une part importante de l’Avenir du Carmel. Je vous partage nos joies à ce sujet. Didier-Joseph Caullery, Cyril Robert et Joël-Christophe Vuillemenot ont reçu l’habit le soir du 9 août, en la fête de sainte Thérèse Bénédicte de la Croix. Ils commencent donc leur année de noviciat. Ils se présenteront dans un prochain numéro. Le 11 septembre, Eric Randoux entrait au postulat. Nous les confions tous les quatre à votre prière.

En célébrant notre Mère sainte Thérèse de Jésus (d’Avila), le 15 octobre, nous lui avons présenté toutes les intentions de nos lecteurs, et en ce temps de reprise de nos diverses activités (reprise déjà bien commencée), nous l’écoutons nous inviter à « aventurer la vie » et à « aller de l’avant ».

Fr. Didier-Marie GOLAY, o.c.d., Provincial

[1Bulletin de la province de Paris des Crames déchaux, abonement auprès du Fr. Gérard au Couvent de Paris